Mercredi 18 novembre 2009
Dimanche 18 Octobre – Encore un peu de route, toujours vers le nord

J’avais bien raison de redouter, avec la rosée du matin, le chemin est devenu une patinoire. Je laisse Cédric gérer nos bolides un par un, je me vois déjà les quatre fers en l’air et avec l’autre bras en vrac si je tente la manœuvre. Il lutte mais y arrive sans encombre, well done ! On repart donc encore une fois avec nos sacs au dos, en espérant que le dernier morceau de route qu’il nous reste ne sera pas aussi éreintant que celui de la veille. Et heureusement pour nous, il ne le sera pas. On laisse les montagnes derrière nous et passons dans des paysages bien plus plats, essentiellement constitués de rizières, plus belles les unes que les autres. Quant à la route, on oublie la boue et on accueille les graviers avec plaisir ! On s’est d’ailleurs bien améliorés en conduite sur gravillons, la maîtrise du dérapage contrôlé en conduite n’a plus de secret pour nous.

Trois heures plus tard, nous y sommes. À un sommet de le route, la baie en face d’El Nido, où se loge l’archipel Bacuit devient visible. En un instant, la route est oubliée, on veut juste en profiter ! Première étape, on se pose dans un café pour un jus de mangue, une bière et étudier le LP. On n’en aura pas grande utilité, apparemment tout se fait facilement dans cette ville habituée aux touristes. Hôtel choisi (en dehors de la ville pour être au calme), on y pose nos sacs et motos et faisons la rencontre avec le proprio, un vieil Américain qui en a eu marre de sa vie de pétrolier aux quatre coins du monde (sic) et s’est posé là avec sa femme Philippine en ouvrant des resorts sur Palawan.

On organise ensuite les trois jours qu'on a prévus de passer sur place, mais soyez patients, vous en saurez plus en lisant le compte rendu des jours suivants. Puis coucher de soleil sur la mer entre les îles juste sur la plage face aux bungalows, plutôt sympa pour une première journée à El Nido!

Lundi 19 Octobre - Island hopping in Bacuit Archipelago

Pour ceux qui comprennent l'anglais, tout est dit dans le titre. Pour les autres, que se cache sous ces mots pompeux? Juste une journée passée à se déplacer d'île en île à l'aide d'un bateau. On partage notre embarcation avec Dennis, un British qui loge dans le même resort que nous. Le bateau? En forme de canoë, mais bien plus long et plus large, avec deux flotteurs sur les côtés. Et pour le gérer, deux membres d'équipage.

On quitte la côte peu après 9h le matin (juste en face du resort, le bonheur), le soleil est là, quelques nuages aussi mais on ne va pas faire la fine bouche, il fait quand même super beau. On part tout droit, laissant derrière nous El Nido et ses côtes escarpées sur les côtés. Les îles défilent auour de nous, toutes plus intéressantes les unes que les autres, sortant de l'eau presqu'à la verticale, pleines de végétation (on se demande d'ailleurs comment font tous ces arbres pour pousser), formées à base de roche calcaire, ce qui donne à toutes ces îles un aspect déchiqueté obtenu après des centaines (milliers?) d'années de précipitations. Et ces pluies ont créé d'autres curiosités, comme celle vers laquelle on se dirige : small lagoon.

Il s'agit d'un lagon invisible depuis la mer, mais accessible uniquement en passant à travers un passage étroit entre des pans de roches qui entourent l'île. On se jette à l'eau gaiement, palmes-masque-tuba équipés. J'ai dit gaiement? Que je rectifie, tout le monde va gaiement à l'eau, sauf moi qui redoute l'effet de l'eau salée sur mes blessures... et je fais bien, ça pique bien sûr, mais au départ rien d'insurmontable. Sauf que plus je reste dans l'eau et plus ça brule! Alors j'adopte la technique du coude hors de l'eau : main posée sur la tête, je nage comme je peux. Je ne passe pas inaperçue, Cédric n'a qu'à lever la tête pour me repérer au milieu de la foule de nageurs. Parce qu'on n'est pas seuls, une foule de touristes nous entourent plus ou moins bien équipés (les Japonais remportent la palme avec un bateau à moteur bien plus gros que tous les autres et surtout une palanquée de kayaks). Heureusement, pour le reste de la journée, on ne croisera presque personne. Mais revenons à ce lagon caché : wouah! Avec les parois qui remontent à la verticale sur une bonne quinzaine de mètres (estimation personnelle, sorry si ça n'est pas la bonne valeur), on serait presque oppressés en bas.

On reprend ensuite le bateau pour découvrir non pas un lagon caché, mais cette fois une plage cachée. Avec toujours un passage étroit pour y accéder, mais cette fois, pas besoin de mettre la tête sous l'eau. Normalement, j'aurais du mettre des photos de tous ces lieux cachés grâce à la magie de l'appareil photo de Cédric qui va sous l'eau, mais il y eu un problème le premier jour à El Nido. Problème de joint ou autre, son appareil à pris l'eau et son écran s'est éteint. On pouvait apparemment toujours prendre des photos (bruits caractéristiques), mais sans possibilité de cadrer. Et le gros problème, on s'en est rendu compte seulement le soir même : la carte mémoire était mal enclenchée, donc on n'a même pas pu avoir des photos non cadrées... mais ce n'est pas tout, mon appareil ayant pris un choc lors de ma chute en moto, son écran ne fonctionne plus, donc les photos que j'ai prises ne sont pas cadrées non plus! Mais le mien ne va pas sous l'eau. Donc tant pis pour les photos de lagon et autre plage cachés.

On se balade ensuite entre les îles, nous arrêtant quand on le souhaite, juste parce que c'est beau ou parce qu'on veut piquer une tête. Dennis semble être un fervent adepte de l'escalade des rochers pour ensuite sauter dans l'eau, avec mon bras en mousse, je vais avoir du mal à l'imiter.

Direction cette fois une plage n'ayant rien de caché, pour une session snorkelling en face et surtout un déjeuner fraîchement préparé par l'équipage. Pendant qu'on s'amuse avec les fonds sous-marins, ils préparent un barbecue sur la plage pour faire griller poisson, porc et réchauffer les légumes et riz déjà préparés. A notre retour sur la terre ferme, c'est un véritable festin qui nous attend! On enchaîne sur une autre plage pour du snorkelling, avant de rejoindre une plage immense qui donne face au soleil descendant sur la mer. Au moment du départ, il faut d'abord retrouver Dennis qui s'amuse encore à sauter des rochers. Suit un grand moment de malaise pour moi : il m'avait demandé de le filmer lors de sons saut, et bien évidemment, je n'ai pris le film que lorsqu'il a touché l'eau... il a donc du remonter encore une fois, alors qu'il était déjà bien fatigué. J'imaginais à chaque instant qu'il allait tomber et se déchirer sur les rochers...

Le soir, dîner sur la plage et fin de soirée dans le bar qu'on avait découvert la veille, avec un groupe live toujours aussi sympathique.

Mardi 20 Octobre – Le monde de Némo dans l'archipel

Histoire de varier les plaisirs, c'est une journée plongée qu'on a programmée aujourd'hui. On se rend donc en « centre ville » là où se situe le club de plongée. Essai de matériel, café et on est partis, avec en notre compagnie deux Canadiennes qui font un baptême, un couple mixte Philippine-Américain et deux dive master, l'un de je ne sais quelle nationalité mais qui doit avoir bien dépassé la soixantaine d'années et va s'occuper des baptêmes, et l'autre Philippin avec qui on plongera.

Première plongée sympa mais sans plus. Disons que pour des gens qui sont habituellement en France et qui ne plongent qu'en Bretagne ça doit être pas mal, mais après avoir plongé dans des endroits de folie en Indonésie, je suis un peu difficile. Cédric l'est aussi, alors ça me rassure! Je ne sais même plus trop ce qu'on a vu, je n'ai pas noté... mon logbook étant plein depuis un petit moment, je ne note plus rien, tant pis pour moi. Quand on remonte, on retrouve une des deux Canadiennes qui attendait son tour pour le baptême. Elle était verte. Apparemment elle a passé toute notre plongée à vomir tout ce qu'elle pouvait tellement elle a le mal de mer! On a pu voir ça, ça a continué pendant qu'elle mettait son équipement. Heureusement pour elle, sa plongée s'est bien passée.

On enchaîne ensuite sur une deuxième plongée, mieux que la première. Après, il est l'heure de la pause déjeuner. On se rend sur une plage sur une île, festin moins important que la veille, mais suffisant. Là, la Canadienne ayant le mal de mer décide de rester ainsi que la Philippine qui ne plonge pas. On les retrouve après notre plongée (bof), dans l'eau jusqu'à la taille, en train de fixer étrangement la plage. En fait, juste après qu'on soit partis avec le bateau, des varans ont investi la plage et les ont chassées! Ils doivent avoir l'habitude que les piqueniqueurs laissent trainer leurs restes sur le sable.

Retour sur El Nido, douche à l'hôtel avant de partir pour apéro et dîner en ville. Puis on retourne encore une fois dans le bar avec musique live. Et cette fois, on ne veut pas se coucher quand le groupe part, on se rend là où la veille il nous avait semblé entendre de la musique plus style night club. On se retrouve dans une pièce vide mis à part des tables sur les côtés, à danser entourés de Philippins (qu'est-ce qu'ils sont petits!) le tout sans beaucoup plus de lumières que des spots de couleurs qui clignotent. Soirée plutôt amusante je dois dire!
Par Cécile - Publié dans : Ailleurs
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Lundi 9 novembre 2009
Mercredi 14 Octobre – Palawan nous voici

Arrivée sur la capitale très tôt le matin, on se demande s’il n’est pas possible de changer nos billets d’avion et de tenter de prendre le vol du matin pour Puerto Princessa sur Palawan. Donc on saute dans un taxi, et à l’aéroport on tente la transaction. En fait c’est plus compliqué que ce qu’on pensait, il nous faut prendre un coupon et attendre la fin du check-in pour pouvoir acheter nos billets s’il reste de la place. En attendant, on petit-déjeune dans ce qui doit être la cantine des hôtesses et stewards, parce qu’on n’a vu que ceux-ci pendant le repas. Finalement, on a bien nos billets, petit coup de stress au moment du check-in, vu que pour tous les autres passagers du vol, c’est l’heure de l’embarquement ! Mais on y arrive, pile à temps, ils n’ont eu à nous appeler qu’une fois sur les hauts-parleurs pour qu’on se rende dans l’avion…

À Puerto Princessa, on cherche un hotel à pied, la ville n’a pas l’air bien grande. Suaf que bien sûr, on se trompe en lisant la carte du Lonely Planet et on se retrouve à faire des tours avec nos sacs sur le dos. Mais enfin, on se pose, on étudie notre planning pour les jours à venir. Ensuite, la mission du jour, trouver des motos. On veut traverser l’île en moto de location, donc il s’agit d’en trouver des fiables avec de bons pneus. C’est chose faite très rapidement, et pour les pneus, ils proposent même de nous les changer d’office. On en garde une pendant qu’ils s’occupent de la deuxième et partons vers le port. Bof, du coup, demi-tour et on s’arrête près d’une église très jolie peinte en bleu. Sauf qu’il se met à pleuvoir, on se réfugie à l’abri d’un préau dans un parc en attendant qu’elle cesse. Et on attend longtemps… finalement on se décide à braver la pluie et partons boire un verre pas loin. Pas très productive cette après-midi, mais on n’avait rien de prévu de toute façon. Ensuite on échange de moto, dîner et soirée dans des bars de la ville, biens mais pas oufs.

Jeudi 15 Octobre – En route vers Sabang

On devait récupérer la seconde moto tôt le matin, amis on aurait pu dormir plus, ils nous la déposent bien plus tard que prévu. Pas de soucis, il fait beau, la route n’attend que nous ! On est donc partis, sacs au dos, direction la côte un peu plus au nord. Pas pressés, on profite des paysages qui défilent, tout en gardant un œil sur les nuages menaçants qui s’approchent de plus en plus. Mais on devrait avoir de la chance et passer à travers les gouttes. Petite pause photo à un point de vue, et ensuite on repart.

Et c’est là que la malchance nous tombe dessus. Ou plutôt me tombe dessus, mais ça va impacter le reste de nos vacances. En fait on devrait même dire que c’est moi qui tombe sur la malchance puisqu’en fait je me suis fait une petite chute de moto. Mea culpa maman, tu l’apprends sur ce blog mais je ne voulais pas t’inquiéter alors ça a été motus et bouche cousue ! En gros, une route raide en descente, humide par la pluie qui nous avait rattrapés finalement, un bus qui arrive en sens inverse, je ne me rends pas compte que Cédric freine autant et je pile, donc dérapage et bim par terre. Plus de peur que de mal, je me retrouve avec un coude et un genou amochés et une épaule un peu endolorie. Quant à la moto, à part le rétroviseur droit qui s’est explosé, rien à signaler. On fait demi-tour et retournons au point de vue histoire de boire un café et de me remettre de mes émotions. Sauf que pas de bol, la pluie arrive bel et bien. Donc on y reste plus d’une heure et demie, le temps de me débarbouiller, de poser des pansements de fortune et de patienter.

Ensuite, on repart, toujours vers Sabang. On y arrive en à peine une demie-heure, c’était bien la peine de tomber juste avant ! Et soit dit en passant, le Lonely décrit la route comme pas terrible, mais franchement c’est loin d’être le cas. Pavée presque tout du long, il n’y a que quelques centaines de mètres à être constitués de caillasses. Sabang donc, petite ville construite le long d’une plage sympa, dommage que le soleil ne soit pas avec nous. On se trouve un resort fait de petits bungalows isolés les uns des autres, et là, je fais la sieste… et oui, trop d’émotions, ça m’a épuisée. Et comme on est arrivés trop tard pour pouvoir faire les visites qu’on avait prévues, on doit les remettre au lendemain matin. Qu’à cela ne tienne, on passe une soirée tranquille à découvrir la plage et ensuite en apéro/dîner face à la mer.

Vendredi 16 Octobre – Rivière souterraine et retour

Réveil matinal, petit-déjeuner au resort et ensuite direction le port pour obtenir un permis de visite de la rivière souterraine et un bateau pour nous y emmener. La chance nous sourit, on tombe sur un groupe de touristes à qui il manque deux personnes pour remplir leurs bateaux, donc on partage. Petite course pour Cédric qui avait oublié son appareil à l’hotel et on est partis pour ¼ d’heure de bateau le long de la côte pour atteindre l’entrée de la grotte. Oui, parce que pourquoi est connu Sabang ? Pour la plus longue rivière souterraine du monde ! Ou du moins qui était la plus longue jusqu’à la découverte il y a peu d’une autre rivière je ne sais plus où dans le monde.

On prend place sur des pirogues, casque sur la tête (safety first), et guide pour diriger le bateau. Il n’est pas là que pour diriger la pirogue, il fait aussi des commentaires. Plus ou moins intéressants (plutôt moins que plus d’ailleurs), mais ce qui est exapérant, c’est que dès qu’il s’est lancé, il ne s’arrête plus ! On a droit à plus d’une heure de balade avec ses blablatages en bruit de fond, fatigant à la fin. Mais cela n’enlève rien au fait que cette rivière est réellement impressionnante. Au retour, petite pause pour regarder des varans. C’est là qu’on s’est dit qu’on devenait trop blasés : tous les touristes étaient enthousiastes à propos des gros lézards et nous, ben on s’en fiche (on en a dans le jardin, alors…). Retour ensuite toujours par bateau vers Sabang, check out et on reprend la route.

On s’arrête d’abord à la sortie de la ville pour une petite pause à la clinique satellite du coin (il y en a un peu partout, c’est pas plus mal) histoire de me faire faire un vrai pansement et pas seulement du PQ avec du scotch. Niveau hygiène tout est parfait jusqu’à ce que le gars me coupe un bout de peau (vive les détails glauques) et l’enlève de sa paire de ciseaux en le jetant… par terre ! Et on est dans l’entrée de la clinique. Bref. Comme j’ai toujours un peu mal au bras, plus par acquis de conscience qu’autre chose j’avais choisi de retourner à Puerto Princessa pour passer faire des radios à l’hopital central. Donc on refait la même route que la veille, sans soucis particulier. Sauf vers la fin, la pluie nous ayant encore une fois rattrapés. On met donc une bonne heure et demie à parcourir les derniers kilomètres, on est obligés de nous arrêter partout pour ne pas nous faire tremper. Rencontres improbables avec des gens qui s’abritent aussi de la pluie, et là je me dis que j’aimerais bien pouvoir faire comme en Indonésie et leur parler dans leur langue. Sauf qu’ici, ils parlent tous anglais !

On arrive enfin à l’hôpital (on a du rebrousser chemin et demander la route parce que bien évidemment on ne l’a pas trouvé du premier coup), je suis bien vite prise en main par le personnel qui s’amuse de rencontrer une Française qui parle anglais… Après une radio de l’épaule, j’ai confirmation que rien n’est cassé, je peux reprendre la route sans soucis. Je dois avoir l’air maline sur ma moto avec mon bras que j’ai du mal à déplacer : obligée de me servir du bras gauche pour accéder au guidon avec le droit ! Mais pas d’inquiétude, je peux conduire comma d’habitude. En revanche, l’après-midi est bien avancé donc on choisit de rester la nuit à Puerto et de ne reprendre la route que le lendemain matin. On se trouve un hôtel, un restau et après avoir demandé conseil à un serveur, on se retrouve dans un bar d’hôtel avec groupe live puis bar/boîte avec groupe live également, le tout bien sympa ! Bien mieux que notre première soirée à Puerto Princessa.

Samedi 17 Octobre – Sur la route vers Tay-Tay

Réveil très matinal, on veut quitter la ville le plus vite possible pour éviter de nous faire rattraper par la pluie alors qu’on a prévu de traverser une bonne partie du nord de l’île. On quitte l’hôtel à 7h30 (pfiou) et c’est parti ! Le soleil est avec nous, et on connaît déjà la première partie de la route, alors on avance assez vite. Lors de notre premier passage, on avait remarqué des panneaux indiquant un point de vue, mais on l’avait raté. Cette fois, on y passe.

Ensuite, on avance, on avance. On longe tout d’abord la mer sur notre droite, en traversant plusieurs villages. Sur la gauche, des collines, quelques rizières, de la végétation. Pause café à coté d’un pont dans le village de ???. Café offert par le proprio de l’échoppe d’ailleurs après qu’on ait fait le plein de nos réservoirs. On repart ensuite, route agréable, bitumée tout le long. On rejoint ensuite Roxar, première étape de cette traversée. On se pose dans un café pour boire un coup, il est déjà plus de midi. Au moment de repartir, pas de bol, la pluie se met à tomber. On a juste le temps de se faire tremper avant de regagner l’abri du café. On croise les doigts pour la suite, parce que à en croire le Lonely, la partie de route qu’on s’apprête à parcourir n’est pas aisée, mais on se dit que c’est comme pour la route vers Sabang, bien exagéré.

Enfin, la pluie cesse. Le ciel est toujours menaçant, mais il faut bien qu’on avance, pas question de passer la nuit à Roxas. Alors en route ! Mais on part dans une spirale de la loose… Cédric qui avait perdu son lycra (alias sa peau de black pour faire du snorkeling) au milieu de la route lors de la panique pour se protéger de la pluie, donc qu’il avait retrouvé plein de boue, se coince dans sa chaîne ! Avec l’aide de gens qui passaient en taxi-moto, il arrive à le dégager, mais en pièces. Et pour qui connaît la propension de Cédric à attraper des coups de soleil, c’est le drame. Tant pis, on repart. Après moins de 10 kilomètres parcourus, déjà la pluie revient. Il faut dire que le ciel autour de nous est presque noir et qu’on entend fréquemment au loin le tonnerre. Mais il en fat plus pour nous décourager, alors on prend notre mal en patience et nous arrêtons sous un abri qui sert aux gens qui construisent la route. Ah oui, parce que effectivement, la route n’est plus bitumée tout du long, mais par tronçons seulement ou alors sur un seul coté de la route, le reste étant un mélange de terre et de cailloux, mais restant praticable. On y reste 20 minutes et on remonte sur les motos. On avance doucement, prêts à nous arrêter au moindre signe de pluie. J’ai oublié mais dans notre spirale de loose, Cédric a déchiré son poncho de pluie et est donc démuni face aux gouttes !

Heureusement pour nous, la pluie n’a pas repris par la suite. Sinon, je ne sais pas comment on aurait traversé les 70 kilomètres entre Roxas et Tay-Tay. 70 kilomètres qu’on a parcourus en 4h… Pour le coup, le Lonely Planet avait raison ! On s’est retrouvé dans des routes de boue, à patauger sur nos motos. Pendant 1h30 on a fait du 20km/h. J’étais en première tout du long, ne voulant absolument me servir de mes freins. Imaginez de la boue, le genre de boue dans laquelle tu ne veux pas poser les pieds par peur de te retrouver enfoncé jusqu’à mi-mollets. Ajoutez à cela qu’on traverse d’une côte à l’autre, donc on est en plein milieu de la montagne avec la route qui monte et descend sans interruptions. On croise des bus qui tracent plus ou moins, des gens qui travaillent sur la route (et doivent bien se demander ce qui nous a passé par la tête de prendre cette route), et on avance, sans s’arrêter. J’avoue que j’en ai bavé, mais on a bien rigolé !

Et on a été bien contents d’atteindre Tay-Tay. Avec un hôtel sur les hauteurs de la ville, ayant une vue dégagée sur la baie et le fort en bas. Par contre, pour y aller en moto, ça monte sévère. Je redoute déjà le moment où on va redescendre…
Par Cécile - Publié dans : Ailleurs
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Mercredi 4 novembre 2009
Pour mes dernières vacances en Asie du Sud Est, ce n’est pas en Indonésie que je suis partie vadrouiller, mais aux Philippines pour changer. Et qui est de la partie pour ce voyage ? Cédric, bien motivé pour deux semaines. Allez, c’est parti…

Samedi 10 Octobre – Manille, premiers pas

J’atterris la première, direction le centre pour trouver un hotel. Sur les conseils du LP, je tombe sur un backpacker finalement pas fameux. Mais bon, je suis fatiguée (les vacances ça épuise), et il faut bien que je donne une adresse à Cédric qui doit arriver dans quelques heures, donc ça fera l’affaire. Et donc pour moi, les premières heures dans la capitale philippine ça sera quoi ? Sieste ! Jusqu’à l’arrivée de mon accolyte. Ensuite, on part à la découverte à pieds de la cité intramuros. Plutôt chouette, et la ville a l’air bien agréable. M’est avis que je pourrais m’y plaire… On se ballade, on se pose dans un café histoire d’étudier un chouilla le programme de notre séjour. A part les conseils de Céline qui m’avait briefée sur les lieux à visiter absolument, on n’avait pas fait beaucoup de recherches. Et au final, ben on décide de suivre les conseils de miss Céline ! Zéro étonnement. Bref. Après cette pause, on veut rentrer toujours à pieds vers le backpacker, mais par une autre route. En fait on suit les gens, on va vers là ou il y a de la musique, où ça a l’air sympa. Et on se perd. Of course. Heureusement, Cédric a dans la poche… un sifflet boussole ! Moi qui trouvais ça futile, ben ça nous a servi. Après ça, une soirée bien sympatyhique : resto, bar, boite…

Dimanche 11 Octobre – Manille en mode logistique

Journée pas très intéressante… on redécouvre la vie dans un pays catholique : tout est fermé le dimanche ! Obligés d’aller jusqu’à l’aéroport pour acheter nos billets pour changer d’ile dans quelques jours, passer dans un mall (énooorme) pour quelques emplettes. La surprise de la journée c’est quand le gars de la réception de l’auberge nous a booké des billets de bus pour le soir même en moins de deux minutes on avait l’adresse, le prix, l’heure et tout était fixé. Quelle efficacité ! En Indo ça aurait mis des heures…

Le soir arrive très vite (faut dire qu’on ne s’était pas couchés tôt non plus), et nous voilà donc partis vers une station de bus pour une traversée de Luzon by night vers le Nord et en particulier le village de Banaue. Et là, je dis MERCI MILLE FOIS  à Céline qui m’avait prévenue du froid polaire qui régne dans ces bus. On a gelé toute la nuit ! Et pourtant, j’avais mis pantalon, chaussettes, chaussures, deux t)shirts dont un à manches longues, un pull, mon paréo. Mais ça caillait de façon hallucinante. Heureusement que j’étais fatiguée et qu’il y avait assez peu de gens pour avoir deux places pour soi, parce que sinon j’aurais passé une très mauvaise nuit.

Lundi 12 Octobre – Les rizières Ifugao

C’est là que les choses sérieuses commencent. Réveil en fanfare à l’arrivée à Banaue, on retrouve avec délice la chaleur de l’extérieur. Pas si chaud que ça d’ailleurs puisqu’on est en altitude par ici. Histoire de se réveiller et de se dégourdir les pattes, on refuse de prendre les moto)taxis qui nous proposent leurs services et on part à pied vers le centre ville. Heureusement pour nous, ça descend… Là, on se pose dans une pension et on prend le temps de petit déjeuner, tant pis pour les guides qui se proposent à nous, il faut d’abord notre dose de caféine matinale. Ensuite, direction « l’office de tourisme » où nous expliquons le parcours qu’on souhaite faire. Ouh la ! Apparemment on a les yeux plus gros que le ventre… ils nous proposent le même trek, mais sur deux jours. Bon, pourquoi pas, comme ça on dormira dans un village plus reculé que celui qu’on avait prévu. Le temps d’aller acheter de quoi déjeuner, s’abreuver et se protéger de la pluie (on ne sait jamais, et il ne faut pas oublier qu’on est en saison de typhons et qu’une grosse tempête a eu lieu dans le coin la semaine précédente) et on est partis.

La première partie du trek se fait…en moto ! Ou plutôt en moto avec une sorte de side car associé. Et on grimpe, on grimpe. Tout en haut, on s’arrête, et on admire. Des rizières en terrasse de folie qui s’offrent partout où se pose notre regard. Magnifique. Ensuite, c’est parti pour de la marche. On commence une grosse partie dans la forêt et heureusement pour nous, parce que le soleil matinal est assez féroce et l’abri des arbres bienvenu. Marche tranquille dans une végétation bien touffue, on engrange les kilomètres en papotant.

Une fois sortis de la forêt, c’est de nouveau un paysage de rizières en terrasse qui s’offre à nous. Des terrasses superbes, sur des pans de montagnes très escarpés, de chaque coté de la vallée. Un régal pour les yeux. On longe plus ou moins ces rizières par en haut, jusqu’à se retrouver ensuite en plein milieu, à les traverser sur des chemins bien étroits qui sepentent entre les parcelles.

On monte, on descend, on monte et on descend encore, c’est sans fin. Je ne sais pas sur combien de kilomètres s’étendent ces pans, mais c’est plus qu’impressionnant ! Et tout ceci ne sert qu’à nourrir la population locale, il n’y a aucune « exportation » vers d’autres parties des Philippines. Comme on a bien avancé sur la première partie, on prend notre temps et faisons de nombreuses pauses face à des points de vue à couper le souffle.

On arrive finalement a Cambulo, village où on va passer la nuit. Petite pension bien sympa, repas simple, mais accueil un peu distant. Du moins au début. Quand on se met dehors avec eux à squatter et discuter, ils deviennent tout de suite bien plus ouverts ! Et quand la guitare et la bouteille de GSM (un alcool de là-bas) sont sorties, ça y est, on passe une très bonne soirée à raconter n’importe quoi, faire des blagues, chanter. On ne connaît malheureusement pas les chansons qu’ils chantent, et pourtant la plupart sont américaines.

Mardi 13 Octobre – Toujours à travers les rizières

Réveil matinal, petit déjeuner à la pension, on passe à travers le village, notamment l’école dans la cour de laquelle s’entrainent des enfants pour un concours de danses et chants traditionnels. Petit moment de stress pour moi parce que comme d’habitude, j’avais dit que j’étais professeur d’anglais en école primaire, alors je redoute l’épreuve de la rencontre avec des enfants… mais en fait on en rentre pas dans les classes et repartons pour une ballade parmi les rizières encore une fois. On en prend toujours plein les yeux, on s’amuse sur ces petits chemins de terre, ces escaliers de pierre, sous un beau soleil. En début d’après midi, on quitte les rizières pour nous diriger vers la route, donc changement de décor et place à la foret. Et presqu’arrivés à destination, c’est le drame : la pluie débarque. En moins d’une minute on est trempés, c’est le branle bas de combat pour attraper nos vetements de pluie et se protéger. La dernière demi-heure de marche se fait donc sou la pluie, tant pis.

On arrive à la route, et là, étrange, pas de moto-taxi pour nous ramener. Pour patienter, on attend dans un café, mais c’est louche. Il finit par arriver et nous explique qu’il a été bloqué sur la route. On comprend très vite. La pluie a fait quelques dégats et de nombreux engins de chantier sont là pour déblayer les roches et la boue. Boue qui rend la route bien peu praticable d’ailleurs, on s’enfonce, le guide est obligé de descendre pour pousser le véhicule. Mais au moins on est au sec et après 1h de trajet, on arrive. Ah non, d’abord on tombe en panne. Donc faut réparer. Heureusement, ils sont doués en mécanique et c’est chose faite plutôt rapidement.

Ensuite, retour à la pension où on avait laissé nos sacs, place à une douche « chaude » (je vous laisse imaginer la froide qui devait être glaciale), un dîner et ensuite, on retrouve le frigo du bus qui nous ramène à Manille. Brrr. En plus cette fois, le bus est plein et on n’a qu’un siège chacun. Mais Cédric a une idée de génie (vue à l’aller mais impossible sur les sièges qu’on avait), en coinçant le rideau le long du plafond dans le compartiment à bagages, ça dévie le vent glacé de la clim et on a beaucoup moins froid. D’ailleurs tout le bus n’a pas tardé à l’imiter…
Par Cécile - Publié dans : Ailleurs
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