Lundi 26 décembre 2011 1 26 /12 /Déc /2011 23:28

Alors Istanbul... Bof. Entre la météo vraiment pas terrible (froid et pluie tout le temps) et la fatigue accumulée des vacances (j'ai même du prendre des médicaments, c'est dire) cette ville ne m'a pas des masses inspirée. Pourtant elle a du potentiel, et je lui donnerai une seconde chance plus tard, je suis sûre qu'elle doit être très agréable. Mais il faut dire qu'après deux semaines loin de tout, se retrouver dans cette masse de touristes, ça nous a fait un choc. Du coup, cet article ne contiendra que des photos, notre programme n'ayant consité qu'en manger des pizzas (le bonheur après 2 semaines de soupe / patate / mouton), des salades, fumer la shisha (bof quand on est malade), se balader dans la ville, arpenter le grand bazar (un vrai repère à touristes, l'horreur - j'ai quand même acheté une lampe...), visiter la mosquée bleue, se faire refouler à l'entrée du palais Topkapi (on n'a pas trop compris pourquoi, une histoire d'horaires), dîner sur les hauteurs du Bosphore (vue sublime), se battre pour rentrer dans les tramways... J'arrête là, place aux (rares) photos !

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Par Cécile - Publié dans : Europe
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Vendredi 11 novembre 2011 5 11 /11 /Nov /2011 14:00

Lundi 10 octobre - toujours plus au sud

Réveil encore et toujours matinal, direction les toilettes situées plus loin dans le village. Surprise : il a neigé dans la nuit ! Ça donne un aspect tranquille et endormi (ou peut-être le fait qu'il est 7h...). On a confirmation qu'il a fait bien froid dans la nuit, la bouteille d'eau laissée dans la voiture est devenue glaçon...

On petit déjeune à base de porridge (...) et c'est reparti pour de la jeep. De nouveau un peu de 4x4 pour retrouver la route principale (Pamir Highway) qu'on quitte très vite pour nous diriger plein sud. La route devient bien moins praticable d'un coup mais on y passe plutôt tranquille avec notre bolide. A partir de cette intersection, c'est simple, on ne croisera personne sur la route à part les militaires en faction et des gens qui guident leur troupeau jusqu'à Khargush, et encore. Les paysages deviennent encore plus secs et caillouteux qu'avant, cette absence de gens n'est donc pas étonnante. Au début, on ne fait que monter, encore une fois. Très rapidement, il fait beaucoup moins froid qu'à Bulunkul (il faut dire que ce village est connu comme le plus froid du Tadjikistan !), le soleil brille, on en profite pour faire de nombreuses pauses, et c'est pas du luxe dans la jeep qui saute dans tous les sens. On profite du silence, total. On se croirait presque dans un film dont on aurait coupé le son. Et à un moment, on atteint la neige !

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On continue un moment sur le plateau en hauteur (on passe un col à 4300m), seuls au monde. C'est top. Histoire de se réchauffer un peu, on se balade du côté d'un lac, très certainement le Chokor Kul mais je n'en suis pas sûre. Il fait tellement calme à l'extérieur que les montagnes en face se reflètent dedans. Il faut dire aussi qu'il est gelé... Dommage car il donne envie de piquer une tête dedans !

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Une fois le col passé, on redescend (en fait on a passé notre temps à monter vers des cols, redescendre dans la vallée pour remonter vers un autre col pendant ces vacances, et dire qu'on a croisé des touristes en vélo du côté du Kirghizstan...). Derrière au loin, on voit quoi ? Des montagnes, gagné ! Mais pas n'importe lesquelles, celles-là sont dans le pays voisin, l'Afghanistan. Oui, je sais, avant de partir, j'avais dit qu'on ne s'approcherait pas de cette frontière. En fait on va la longer pendant près de 300km à partir de maintenant ! Et oui, car non content de voir les montagnes au loin, en fait en redescendant on atteint une rivière. Et de l'autre côté, l'Afghanistan !

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On voit même des Afghans... En fait on en verra plein, mais je n'ai pas osé prendre de photos.

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Après un passage par un poste de vérification de visas histoire de vérifier qu'on ait bien le droit d'être là, on reprend la route. Sur notre droite, un mur de montagnes tadjikes, sur notre gauche la rivière et les montagnes du pays voisin. Les paysages traversés varient rapidement. La rivière est parfois encaissée dans des canyons, parfois découverte. On s'amuse à jeter des cailloux sur la berge en face. Pour être tout à fait franche, Cédric y arrive, moi non, faut que je m'entraîne...

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Mais toujours autour on voit des paysages majestueux. On se balade de temps en temps, en se demandant si c'est sûr. Il faut dire qu'après avoir lu que par endroits il reste des mines au niveau de la frontière afghane, ça me foutait une peu les boules ! Mais vu que des troupeaux passent et repassent par là, no soucy. Et ça aurait été dommage de se priver, certains endroits étaient juste à couper le souffle.

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En fait la route longe la rivière, et donc ses méandres changements de dénivelé. Ce qui donne lieu parfois à des vues sur les routes qu'on va prendre, qui semblent toujours bien étroites vues de loin... Ça a du être un sacré chantier de les construire, et maintenant de les maintenir en état. Du côté afghan, c'est pire ! La route est de temps en temps coupée par des éboulis et semble bien frêle. Les seules personnes que nous voyons sont à pied (mais où se dirigent-elles ??), à cheval, à dos d'âne ou de chameau ! Pas de voiture en revanche.

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On longe toujours la rivière, qui s'élargit petit à petit, et s'enfonce bien plus bas que nous. On devine au loin la vallée immense qui va en découler. En fait on ne regarde pas trop la vallée en elle-même, on cherche désespérément un fort en ruine indiqué sur nos guides. On finit par tomber dessus tout de même. Il faut dire qu'il était indiqué par un panneau sur le bord de la route ! Va-t-on retrouver des touristes ?... Pour rejoindre ce fort, on doit marcher un petit bout, mais ça va. En fait le fort en lui-même n'est pas terrible car vraiment en ruines, mais son positionnement entourés par trois falaises est optimal et on a une belle vue sur la vallée de là-haut.

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Le retour à la voiture est plus épique, on se trompe de chemin, on meurt de chaud, on tombe sur un mur, on finit par l'escalader sous le regard médusé des chèvres, on est crevés. Ce doit être le contrecoup de la voiture, de l'altitude, ou je ne sais quoi, mais on est complètement HS. Après ça, on rejoint la ville de Lagan en rejoignant la vallée, qu'on traverse rapidement. Ça a l'air plutôt sympa comme village. Vu qu'on est maintenant à côté de l'eau et que l'espace est grand, on voit plein de champs autour de nous, ça change des cailloux de la montagne. On devait se faire une marche de 50min à flanc de montagne pour atteindre un fort plus loin, mais on laisse tomber en se disant qu'on est trop morts.

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On poursuit notre route dans le fond de la vallée, cette fois on croise des gens un peu partout, en très grande majorité à pieds. Beaucoup d'arbres, de champs, de troupeaux. Ça change ! On atteint un autre village où on s'arrête pour déjeuner. Il serait temps, il doit être presque 15h. Vu que notre chauffeur nous explique je ne sais quoi sur le fait qu'il doit revenir en arrière pour aller chez un pote récupérer un truc pas loin, on va faire un tour dans le village. D'autant que le lonely nous parle de stupas bouddhistes aux alentours. On est censé traverser le village, puis la rivière. Mouais. Pas de pont. Du courant. Pas de gué. Super. Des gens nous font des signes, on ne comprend pas. On finit par suivre un gamin qui nous fait grimper une pente bien casse gueule, pour atteindre la stupa. Je m'attendais à voir une statue de bouddha... En fait une sorte de pyramide en pierre, qui surplombe la vallée. La vue est sympa de là-haut.

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Autour, des grottes dans les montagnes. On se demande si c'est dans ce genre de caverne que s'est planté Ben Laden pendant un moment... Redescente encore plus casse gueule que la montée. On retourne sur la route pour retrouver notre chauffeur, qui of course, n'est pas là. On l'attend. Encore. Et encore. Limite on se dit que si ça se trouve il s'est barré sans nous. Il arrive finalement presque une heure après, avec des explications pas très claires sur le pourquoi de son retard. Bref, on reprend la route, direction un autre fort en ruine. On galère un peu à le trouver, mais on trouve l'intersection et on prend une route bien défoncée qui monte abruptement à flanc de montagne. En haut, on trouve le fort : le Fort Yamchun.

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Pour l'atteindre, on est repartis en mode escalade à l'arrache. Vraiment à l'arrache cette fois, on manque se vautrer un bon nombre de fois. Mais on y arrive, chacun par un chemin différent. Cette fois, pas de déception, le fort est certes en ruine, mais on retrouve quand même les murs, des semblants de tour. Et la cadre est superbe. Avec en plus le soleil qui commence à être bas sur l'horizon, c'est magnifique. On prend notre temps là-haut, et on retrouve ensuite notre chauffeur mort de rire de nous avoir vu déraper de partout... Il faut dire qu'au retour, on a trouvé un chemin bien plus praticable qu'à l'aller !

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On hésite à dormir dans des thermes qui sont non loin, et finalement on reprend la route, on veut avancer ce jour-là. Le but de base, dormir à Ishkashim, qui sera le point le plus au sud de notre voyage. Sauf qu'en route, la nuit tombe. À priori pas de problème. Sauf que la batterie de la jeep est plus que limite et que les phares ne tiennent que 3 secondes quand on les enclenche ! J'ai droit à de nombreuses frayeurs, mais on finit par trouver un village et squatter chez des gens rencontrés sur le bord de la route.

 

Mardi 11 octobre - last day in Pamir

Réveil, petit dej, débarbouillage au pichet d'eau dehors et nous voilà repartis. De jour c'est quand même plus agréable. Sur la route, on croise plein de champs, de gens, d'enfants toujours habillés sur leur 31 pour aller à l'école, de troupeaux divers et variés.

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La veille on avait prévu de finir la journée à la forteresse Khaaka, mais on avait du s'arrêter avant. Du coup, ça sera notre première visite de la journée. Cette fois, on ne veut pas se faire avoir en grimpant n'importe où, donc on cherche un chemin d'accès facile pour monter là-haut mais on ne trouve rien. Donc on monte pile en face du panneau indiquant le fort. Aïe. Casse-gueule encore une fois. En haut c'est même bien chaud. Mais on y arrive, et surprise, il n'est pas si en ruine que ça. On longe les remparts, on est tout seul, c'est cool. Seuls ? Ah non en fait. La partie supérieure du fort est occupée par l'armée tadjike ! Qui à grands signes de bras nous font comprendre qu'on n'est pas les bienvenus... Alors on s'éclipse, ni vu ni connu. On finit quand même de longer les remparts et on tombe sur... un escalier ! Les fourbes ! Ils ont mis le panneau à l’exact opposé de celui-ci !

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On longe toujours la rivière, l’Afghanistan est toujours derrière, il ya de plus en plus de gens. À un moment, en s'arrêtant faire une pause photos, il y a même deux types qui nous jettent des cailloux ! On devait bien être à 100m à vol d’oiseau mais ça nous a bien fait rire. Les paysages sont un peu moins secs encore, il fait presque chaud, et les zones cultivées alternent de part et d'autre de la rivière.

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On est censé voir d'autres trucs sur la route comme une mine de rubis (je crois) mais on ne voit rien. On rate aussi un fort du côté afghan. Pas grave, on en a plein à se mettre sous les yeux ! On traverse Ishkashim, la ville la plus au sud avant de remonter vers le nord, toujours à côté du pays voisin. La route n'est pas vraiment plus praticable comme on l'aurait pensé, mais on se débrouille bien avec notre 4x4 et notre super chauffeur.

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Les villages afghans de l'autre côté sont magnifiques, très ordonnés, très propres. Impressionnant. Les murs et les maisons sont construites à base des cailloux ramassés sur les surface planes qui deviennent ensuite des champs ! Et comme c'est la fin de la saison chaude, les jardins sont plein à craquer de foin et certains tas dépassent de loin la taille des maisons.

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Après ça, on atteint Khorog, la "capitale" du Pamir. On cherche une voiture pour partir directement vers Dushanbe, mais on capitule après plusieurs heures d'attente et de marchandage, il faudra revenir le lendemain matin pour profiter des taxis collectifs. La ville en elle-même n'est pas terrible, on choisit un hôtel pas trop mal pour pouvoir enfin prendre une douche ! Et bien en fait il nous faudra patienter jusque tard dans la soirée pour en profiter, le ballon était vide... Mais ce que ça fait du bien !

 

Mercredi 12 octobre - un jour sans fin

Réveil ultra matinal, 5:30. Pourquoi ? Pour être sûr de monter dans la première voiture en direction de la capitale. Première galère : Cédric perd son porte-feuille, il le retrouve dans la chambre d'hôtel en revenant sur ses pas, pendant ce temps-là, je fais "ami-ami" avec une bande de chiens errants. Ensuite, c'est parti pour l'attente. En fait on est les premiers voyageurs arrivés, sont avec nous deux chauffeurs et leur voiture. Pas facile de comprendre le fonctionnement des Tadjiks, mais en gros, c'est la première voiture pleine qui décolle. Sauf que pour remplir une voiture il faut 7 passagers. Et que quand les gens arrivent, au lieu de s'installer voiture par voiture, ils s'installent place par place : d'abord celle de devant qui est la plus confortable, ensuite les fenêtres et après le reste. Du coup, c'est à 10h qu'on finit par quitter le parking, et à 11h qu'on sort de la ville après un changement de batterie et des galères avec l'un des passagers boulet.

C'est parti. Pour 13h de route. Bien évidemment, on est dans le coffre, avec zéro place pour les jambes. On a souffert je peux vous dire. En plus on s'attendait à ce que la route soit nickel. Que dalle. La première partie est pas terrible, ensuite c'est de pire en pire. Certes c'est superbe autour de nous, sauf qu'on ne fait presque aucune pause. Les jambes hurlent, on n'en peut plus, et il faut encore ajouter à cela le fait qu'il faut traverser des montagnes, donc un col à passer, donc des précipices à coté de la route. Je peux vous dire que quand à chaque virage de ma place il est possible de voir le fond de la vallée, ça fait flipper. On regarde nos photos histoire de ne pas rester fixer sur la conduite du chauffeur !

On finit par arriver à Dushanbe sur les coups de 22h. Dilemme : on cherche un hôtel pour la nuit ou on se fait un bon resto et on attend à l'aéroport ? Sachant que notre vol décolle à 5:20. Ça sera resto ! Première partie de soirée sympa, bonne bouffe locale. Après, ça va être plus dur : un monde fou à l'aéroport, impossible d'enregistrer nos sacs avant 3h, pas de place assise, du bruit. On finit par squatter au premier étage sur un banc devant les bureaux des officiels (militaires ?). Le jeu, ne pas croiser leur regard quand ils passent, sinon ils vont nous demander de redescendre. On tient jusqu'à l'enregistrement, j'arrive même à piquer du nez.

Enregistrement ok, passage de la douane pas ok : on met plus d'une heure parce que rien n'est indiqué, que tout le monde passe devant tout le monde, et que of course, le guichet qu'on a choisi accepte tous les passeports sauf ceux en direction d'Istanbul ! On arrive en salle d'embarquement, encore de l'attente. On monte dans l'avion bien en retard et on décolle bien plus tard pour je ne sais quelle cause. Pfiou, quelle journée ! Au-revoir Tadjikistan, on aurait bien aimé partir direct du Pamir et ne pas vivre ces 24h... Et après, Istanbul mais ça sera l'objet d'un autre article !

Par Cécile - Publié dans : Asie centrale
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Lundi 7 novembre 2011 1 07 /11 /Nov /2011 18:09

Samedi 8 octobre - byebye Kirghizstan, welcome Tadjikistan
 
Osh ne nous réussit pas vraiment, et ça se confirme : mon chargeur de téléphone crame dans une prise et suite à une coupure internet le booking qu'on essaie de faire pour Istanbul ne fonctionne pas... mais on finit par quitter cette ville qui nous ferait presque repenser à la spirale de la loose. À 10h. Alors qu'on avait prévu de partir à 6h. Mais le chauffeur en ayant décidé autrement, il faut bien faire avec. Du coup, embouteillages en sortant de la ville. Mais rapidement, on se retrouve à grande vitesse (soit 60km/h) sur des routes bien goudronnées. Des flics tous les kilomètres, mais avec notre plaque tadjike, on passe tranquille. Les paysages dans le coin sont surtout constitués de cultures. On avance bien jusqu'à un petit resto routier où on mage de la soupe au mouton.

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On repart, et cette fois ça rigole moins, on commence à grimper. Le futé décrivait la route comme un enfer, en fait c'est plutôt pas mal, route large, personne à croiser, c'est tranquille. Impressionnant quand même les investissements qu'ils peuvent faire dans leurs infrastructures routières. On atteint Sary Tash qui marque le croisement des routes qui vont vers la Chine, le Tadjikistan ou continuent vers l'ouest du Kirghizstan.

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Nous, on continue tout droit, direction le Tadjikistan ! À partir de là, c'est simple, plus aucune voiture sur la route. Rien. Nada. Personne. Mieux vaut ne pas tomber en panne... On traverse une vallée immense, avec au loin devant la barrière des montagnes tadjikes, et au loin derrière la barrière des montagnes kirghizes qu'on vient de traverser.

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Au fond de la vallée, un poste frontière : on quitte le Kirghizstan. Mais on ne rentre pas tout de suite au Tadjikistan, le poste frontière du second pays est bien plus loin ! On commence l'ascension des montagnes, tout en suivant la frontière chinoise. En fait pas vraiment la frontière, mais la limite du no man's land délimitant les 10km avec la frontière voisine. Compliqué d'ailleurs de quitter le pays. Ce n'est pas un mais trois bureaux par lesquels il faut passer. Ah non, finalement que deux, il n'y a personne dans le troisième... En fait je dis on mais c'est notre chauffeur qui s'en occupe !

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Les montagnes autour sont impressionnantes, presque hostiles. Il faut dire qu'elles culminent à plus de 7000m! Nous on grimpe, on grimpe, jusqu'au col. Pas 7000m, mais tout de même 4200m, presque aussi haut que le Mont Blanc ! Ce doit être psychologique, mais on se sent bizarres à la montée... En haut, on perd de vue le Kyrghyzstan, et pour nous accueillir au Tadjikistan, une sculpture.

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Après, ce sont les joies administratives d'un poste frontière. Encore plusieurs bureaux, des papiers à signer. Evidemment je n'existe pas, donc c'est Cédric qui remplit mes papiers, sauf la signature (ouf). Pauvres mecs qui se gèlent là-haut, ah oui j'ai oublié de préciser mais ça caille sévère. On finit par passer, mais pas sans y laisser quelques plumes : on hérite d'un passager. Difficile de dire non entourés par des mecs à la mine patibulaire loin de tout...
 
On continue parce qu'on n'est pas encore arrivés. Dommage pour nous, la nuit tombe doucement et on perd de vue petit à petit les montagnes alentour. On arrive quand même jusqu'au lac de Karak Kul pour les dernières photos de la journée.

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Ensuite, ne reste plus qu'à tenir face au froid qui tombe. Ça caille dans la voiture. D'ailleurs dehors il neige quand on passe le col de 4800m (4800!!!)  J'ai de la chance à l'avant, le moteur chauffe un peu par moments. Cédric par contre en bave à l'arrière.. C'est en voulant changer de chaussures qu'il remarque un truc : il n'en a plus qu'une ! On s'est dit ensuite qu'il avait du laisser sa deuxième chaussure de rando dans la voiture qui nous a emmenés à Jalal-Abad... Quand je vous disais que la spirale de la loose nous avait rattrapés ce jour-là ! On atteint Murghab vers 23h, le chauffeur nous accueille chez lui, on mange et au lit ! Avant ça on se prend bien la tête avec lui, mais au final on arrive à presque se mettre d'accord sur le planning des jours suivants : il restera notre chauffeur pendant 3 jours et nous laissera à Khorog.

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Dimanche 9 octobre - Bulunkul ? No !!! (yes ?...)
 
Petit dej frugal (thé et pain) exactement ce qu'il nous fallait. Il faut dire que sa femme et ses enfants filles n'étant pas là, personne ne fait la cuisine. La veille, il avait demandé à une de ses filles vivant dans le coin de venir pour qu'on puisse manger un bout ! Ensuite, prise de tête once again pour les mêmes raisons que la veille : il ne comprend pas ce qu'on veut de lui. Il est têtu ce garçon ! On lui donne des exemples de ce qu’on veut faire et se braque sur un nom de lieu où on lui a proposé de dormir : Bulunkul. Ce qui donne lieu à des « Bulunkul, no ! No Bulunkul » assez fréquents. On se rend compte au bout d’un moment que ce qui lui fait peur n’est pas de ne pas être payé pour ces extras kilomètres (d’ailleurs il essaie de nous avoir sur la distance supplémentaire…) mais c’est la crainte de manquer d’essence en chemin qui le rebute. Apparemment, on ne trouvera pas d’essence sur notre chemin avant l’arrivée à Ishkashim, autant dire presque à la fin du périple dans le Pamir. On tombe d’accord sur l’achat d’un jerrican avant de partir.

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Mais ce n’est pas fini… Après ça, il nous emmène voir une nana qui parle anglais, pour qu’on lui réexplique tout et qu’il s’assure d’avoir bien tout compris. Zen, il faut rester zen… On remonte dans la voiture pour cette fois la mission de trouver de l’essence. Notre chauffeur fait le tour de la ville et de ses connaissances, frappe aux portes, parle avec plein de gens qui le renvoient vers d’autres personnes. Mais rien, on finit bredouille. C’est là qu’il se dirige vers… la station service « officielle » ! Zen, il faut rester zen… Pas bien aux normes de sécurité d’ailleurs cette station. Il s’agit en fait d’un bidon duquel sort un flexible avec lequel on remplit tout ce qu’on trouve, jerricans, bouteilles pour ensuite transvaser dans le réservoir. Le tout bien évidemment avec la clope au bec. Oui oui, juste au-dessus de l’essence qui coule ! Gloups. Finalement pas de jerrican supplémentaire, celui qu’il avait déjà dans le coffre semble lui suffire.


Et enfin, on est partis, on laisse Murghab (alias le centre du monde du Pamir dixit le con de l'agence de voyage de Osh - on se demande comment on se serait débrouillés si on n'avait pas pu garder le même chauffeur...) derrière nous. Au début on longe tranquillement la rivière qui passe par là, puis on prend de la hauteur. Et c'est superbe. On fait un peu la course poursuite avec des enfants à vélo (à vélo ! à plus de 3000m d'altitude, sur des routes de montagne !), vu le temps qu'on passe à s'arrêter sur le bord de la route pour faire des photos et se dégourdir les jambes.

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C'est très étrange de regarder les paysages traversés, parce que ça change du tout au tout très rapidement. On enchaîne les montagnes qui nous bordent, plus ou moins arides, mais de temps en temps, c'est comme si la terre s'ouvrait et on tombe sur des crevasses, voire des canyons. Du coup on se prend des bons changements de dénivelé avec la voiture.

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On atteint finalement un plateau tout plat (ça doit être pour ça qu'on l'appelle un plateau) immense. Les murs de montagne sont vraiment loin de chaque côté de la route et il n'y a rien, je parle de végétation, de roches ou d'êtres vivants, nulle part. Enfin si, au bord des montagnes on devine des regroupements de maisons et des troupeaux, mais rien de proche. Ah si. À un endroit se trouve un énorme rocher, tout seul, perdu sur le plateau. Chatyr Tash est le nom de ce rocher. Ni une, ni deux, on s'arrête et on part à l'assaut. En fait le plateau est vraiment grand parce que ce n'est pas tout prêt pour atteindre le bas du rocher... après ça, petite partie d'escalade sans trop de peine, et nous voilà en haut, perdus au milieu de rien.

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On reprend la voiture pour continuer sur la Pamir Highway, et on croise un groupe de motards. Ou plutôt un groupe de gens avec une seule moto. En panne. Ne pas chercher à comprendre comment ils sont arrivés là, mais ils ont une bonne tête ces locaux ! On continue donc à traverser ce plateau jusqu'à arriver à Ak-Balyk, où on a décidé qu'on mangerait du poisson. Marre du mouton ! Sauf que le chauffeur nous explique que du poissons il n'y en a que les jeudi et vendredi (??). Et effectivement, ce qu'on comprend être la réserve habituelle de poissons est vide, mais pas moins jolie.

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On demande quand même s'il est possible de manger, et on se retrouve avec dans notre assiette du poisson séché frit, ce qui n'était pas vraiment notre idée de poisson frais grillé... Mais on l'a voulu, on l'a eu ! On a pu goûter de la crème de yack aussi, super bonne. À l'extérieur, des toilettes. J'ai oublié de vous parler des toilettes tadjikes... tout un programme. Une fosse creusée dans la terre, soutenue par je ne sais quoi, des planches qui entourent un trou, et c'est tout. Oui oui, vraiment tout, pas de papier ni même d'eau ! Beurk. Les toilettes du "resto" sont exactement de ce type, pas très ragoutantes, par contre la vue qu'on a de cet endroit est vraiment sympa.

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On arrive ensuite à Alichour, là où à la base on voulait passer la nuit. Sauf qu'il est encore un peu tôt et qu'on décide de pousser jusqu'à Bulunkul (rappelez vous, Bulunkul NO ! Et bien on l'aura fait !). En fait notre vrai but est de monter jusqu'au lac de Yashil Kul qui se trouve en hauteur du village. On laisse donc Alichour sur la route, ainsi que la guesthouse avec hot shower qui nous faisait de l'oeil... Tant pis pour la douche ! Parce qu'au Tadjikistan, c'est comme au Kirghizstan, toujours pas de douche chez l'habitant. Bref, on continue. Un peu plus loin on croise le lac Sassyk Kul. Décision prise de rejoindre le bord à pied, c'est pas loin. Erreur. Certes c'est pas loin, mais c'est marécageux ! Ou plutôt, les berges sont composées de mottes de terre avec des herbes entrecoupées de trous plus ou moins profonds (certains TRÈS profonds) remplis d'eau. Ça donne lieu à des fous rires et des sauts de cabris pour rejoindre le lac. Mais on y arrive. La récompense arrivés là ? Oui c'est joli, mais surtout ça pue ! Aucune idée d'où ça vient, mais c'est connu en fait, le nom du lac veut dire le-lac-qui-pue...

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On reprend la voiture, passons devant un autre lac, mais on ne s'arrête pas cette fois. On quitte ensuite la route principale pour nous diriger vers Bulunkul. Le chauffeur s'amuse comme un fou et nous fait quitter la route pour passer en mode 4x4 qui passe partout. On voit le village au loin, mais on fait un détour vers un lac proche. Cette fois, le chauffeur vient avec nous pour atteindre les berges, mais c'est un échec. Impossible de traverser la zone marécageuse, on est obligés de contourner toute la zone pour atteindre le lac par un autre côté.

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Ensuite, on rejoint Bulunkul et on cherche où dormir. C'est chose faite dans un homestay où on est accueillis avec le traditionnel thé. Et après, toujours un peu de soleil, on décide de faire un tour. On traverse un troupeau de yacks sur une route qui ne mène à priori nulle part. Ça caille sévère. Cette route monte un peu, du coup on a une belle vue sur le village et un petit lac en contrebas au moment où le soleil rosit le ciel.

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Tadjikistan-Murghab-Bulunkul (23)

Tadjikistan-Murghab-Bulunkul (24)

D'un coup, révélation : mais cette route ne serait pas celle qui mène vers le lac de Yashil Kul ? Allez go, on y va ! Nous voilà à grimper cette route qui monte de plus en plus, en cherchant à chaque virage à voir le lac sous nous. Mais rien, on grimpe, pas de lac, la route monte encore, le soleil descend. On voit bien à un moment que le soleil se couche, il n'y a plus de lumière sur les montagnes derrière, mais on continue, on ne va pas s'arrêter en si bon chemin. On monte, plus vite, on continue, et enfin, au détour d'un virage, on le voit. En fait on le devine, il n'y a vraiment plus beaucoup de lumière. Mais ça valait le coup !

Tadjikistan-Murghab-Bulunkul

Retour au village dans la nuit noire, nos hôtes ne croient qu'on est montés que lorsqu'on leur montre nos photos... Et là, le chauffeur qui sort un "mais j'aurais pu vous emmener". What ??? Il se fout de nous ou quoi ? Bref, dîner frugal, dodo.

Par Cécile - Publié dans : Asie centrale
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