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28 octobre 2010 4 28 /10 /octobre /2010 22:27

Dimanche 19 Septembre – patience, patience

Petit-dej à l’extérieur, on était bien contents à ce moment-là de ne plus être en train de lutter contre les moustiques ! Par contre, le beau temps n’est plus tellement au rendez-vous, le soleil est caché par de nombreux nuages. Et le résultat ne se fait pas attendre longtemps : perdues les magnifiques couleurs des jours passées, tout devient terne et gris. On rentre en bateau vers Gran Roque sans vraiment reconnaître les paysages magnifiques de la veille. C’est dingue ce qu’un rayon de soleil peut changer notre perception.

Une fois sur Gran Roque, on n’a plus qu’à prendre l’avion. Et surtout prendre notre mal en patience… Il n’y a jamais personne dans le bureau pour confirmer notre vol et déposer nos bagages, du coup on s’installe sur la pace principale et on attend. Et on attend. On attend encore. Enfin, quelqu’un arrive et prend nos sacs. Après, pour les formalités administratives et de sécurité, rien de plus simple, il n’y en a pas. On reprend l’avion, direction Caracas, bye-bye Los Roques…

A l’aéroport, on saute dans un taxi pour nous rendre au terminal de bus du sud de la ville afin d’acheter des billets pour le jour-même vers San Fernando de Apure. Par chance, on en trouve rapidement pour un départ à 21h et un trajet de nuit. On hésite ensuite sur le planning de la journée, on opte pour quelques appels histoire de réserver quelque chose pour la nuit suivante. Après ça, on tente le truc typique que mangent beaucoup de Vénézuéliens : les empanadas. Une sorte de beignet rempli de mélanges à base de viande et frit. Verdict : c’est pas mal niveau garniture, mais décidément j’ai du mal avec les trucs frits… Et ensuite ? Ben on attend. Et on attend. Et on attend encore. Je crois n’avoir jamais passé une journée à attendre autant ! Ou à autant regarder les gens qui passent.

L’heure du départ arrive enfin. On descend au niveau des bus et on part à la recherche du notre. Pas facile cette recherche ! Personne ne veut nous répondre, ou alors ceux à qui on pose la question recherchent aussi désespérément leur véhicule… C’est finalement grâce à la ténacité (et à sa fourberie pourrait-on dire…) de Cédric qu’on trouve la bonne porte : il se faufile derrière les portes surveillées pour enfin atteindre quelqu’un avec la réponse attendue. On peut enfin monter dans notre bus et s’installer pour la nuit.

Lundi 20 Septembre – aux alentours du fleuve Orinoco

Réveil à l’aube, à San Fernando de Apure. Mais c’est où ça ? Au sud de Caracas, du coté de Los Llanos. Mais là n’est pas le but du voyage, on enchaîne avec un bus en direction de Puerto Ayacucho, sauf que nous on s’arrête à La Macanilla (ne retenez pas les noms, on s’en fiche). Bus plus petit et (beaucoup) moins confortable. On se retrouve au fond, avec les sacs sur les genoux et plus de sang dans les jambes tellement on est comprimés entre nos voisins et les sièges de devant qui sont cassés et nous tombent dessus… Heureusement, les paysages défilent, complètement différents de tout ce qu’on a pu voir jusqu’à présent. Pas de bol, il pleut. Il pleut même beaucoup et tout semble un peu inondé, mauvais présage pour la suite ? On compte sur notre chance légendaire et ne perdons pas le moral. Arrivés à La Macanilla, on descend et on cherche les gens du « compamento » dans lequel on dort le soir. Personne. On attend (ça devient une manie). Toujours personne. Après avoir cherché en vain un téléphone public, on finit par emprunter le portable d’une nana pour les appeler. Ils nous expliquent qu’ils ne peuvent pas venir nous chercher en voiture à cause d’un problème technique. Bon, ben on attend. Jusqu’à ce que la nana qui nous a prété son téléphone nous explique que ce qu’on cherche est tout proche. Mais qu’est-ce qu’on attend alors ? On se met en mode « pluie » et il ne reste plus qu’à atteindre le compamento.

C’est chose faite, et dix minutes plus tard, nous voilà à l’abri, au milieu d’un groupe de touristes sud américains qui s’apprête à partir. De notre côté, pour patienter en attendant que notre bungalow soit prêt, on mange. On mange quoi ? Des empanadas of course ! Avec des œufs, du fromage, des haricots rouges. Pfiou, plus faim après ça. Ensuite, on s’installe, on discute avec les gérants du planning pour la suite. Pendant ce temps, la pluie s’est calmé, il ferait presque beau (presque). Et le « capitaine » de notre pirogue arrive, alors il est l’heure de lever le camp !

Pourquoi pirogue ? Parce qu’on va passer l’après-midi à se balader sur le fleuve Orinoco qui passe juste derrière. Fleuve comme dans les films, eau marron, rives en mangrove avec beaucoup de végétations. Niveau faune, on voit beaucoup d’oiseaux, on entend des singes, mais pas de crocos à l’horizon. Dommage, on venait pour en voir justement !

Pas de crocos, mais une autre activité nous attend : la pêche. Mai surtout, la pêche aux piranhas ! Comme appât, on se retrouve avec un steak coupé en petits bouts, attachés à un hameçon lui-même rattaché à un fil. Et hop, ya plus qu’à choper la technique : tu jettes l’hameçon dans l’eau et quand tu sens que ça tire, tu tires d’un coup sec. Plus facile à dire qu’à faire… Surtout qu’ils sont rapides, à peine l’hameçon est dans l’eau que déjà ils se jettent dessus ! Notre stock de viande baisse à vue d’œil… Heureusement, sur un coup de bol, j’en attrape un ! Yeehouuuuu !

Du coup, quand on n’a plus de viande, on découpe ma proie en petits morceaux et on recommence. Et ça marche aussi bien qu’avec le steak. Au final, on en pêche 4 ou 5, de plus en plus petits. Mais comme à chaque fois on se sert des précédents pour appâter les suivants, on rentre bredouille, on ne pourra pas dîner avec notre butin. Pas grave, on s’est bien marrés pendant ce temps-là ! Et en plus, à être occupés à s’amuser avec nos lignes, on ne remarque pas mais le soleil est revenu et la pluie a cessé. Parfait !

On rentre au compamento, petite douche et papotage avec les gérants. Quand ils se rendent compte qu’on n’a pas vu de crocodiles, ils nous demandent si on veut en voir plus tard. Ouiiiiiiiiiiiiii ! Du coup, après la tombée de la nuit, on se retrouve sur un pick-up géant (un camion en fait), à tracer sur la route. Au bout de quelques minutes, on s’arrête. Ils nous disent de descendre et de les attendre. Et (5 minutes plus tard, ils reviennent avec … un croco dans les mains ! Et pas un tout petit !

Ensuite on retourne avec eux au bord du fleuve pour le relâcher. Mais qu’est-ce que c’est rapide ces bestioles ! L’accélération qu’il a eue pour retourner à l’eau était fulgurante. Comme quoi, quand on se fait attaquer par un croco, ça ne sert pas à grand-chose de courir… Ensuite, on remonte dans le camion et on va un peu plus loin. On s’arrête de nouveau, et cette fois on les suit. La technique pour attraper un crocodile est simple : tu le repères d’abord grâce à ta lampe de poche qui se reflète dans ses yeux. Ensuite, tu t’approches sans bruit, en fixant la lumière sur sa tête. De plus en plus proche, jusqu’à te mettre à coté de lui toujours en l’éblouissant avec la torche. Et à un moment, tu prends ton courage à deux mains et tu lui attrapes la gueule ! En serrant bien fort pour ne pas qu’il s’échappe et te croque. Démonstration en live, avec un petit croco cette fois. On a même le droit de le tenir !

J’avoue, je ne faisais pas trop la fière à ce moment là… Ensuite, on le relâche mais contrairement au premier, il ne s’enfuit pas. Du coup, c’est au tour de Cédric de s’essayer à la chasse au croco ! Il arrive jusqu’à la dernière étape, mais l’attrape un tout petit peu trop près du nez, du coup il fait une marche à reculons hyper rapide et s’enfuit entre les herbes… Dommage, mais il a eu de la chance, il aurait pu se faire mordre ! Retour ensuite au compamento où on mange quoi ? Du croco pardi ! C’est un peu caoutchouteux et pas très goûtu, je n’en remangerai pas je pense.

Mardi 21 Septembre – à cheval dans les steppes

Petit-déjeuner comme la veille, et ensuite on fait la rencontre de nos compagnons de la journée : des chevaux ! C’est à dos de cheval qu’on va découvrir la région, sous un soleil éclatant cette fois. Là, je crois que les images se passent de commentaires, c’était tout juste magnifique.

Il faisait tellement chaud que le plongeon dans un cours d’eau qui passait là m’a fait le plus grand bien ! Même si j’ai pensé plusieurs fois aux crocos qu’on avait attrapés la veille dans le même genre d’endroit…

On passe la journée sous un soleil de plomb, dans des paysages superbes. Ma journée préférée du voyage ! Même si à la fin on était bien déshydratés et qu’on avait mal partout…

 

Retour au compamento, où on a tout juste le temps de faire nos sacs pour aller prendre notre bus. On a en fait décidé la veille de la suite du programme après Los Llanos, en discutant avec la gérante. Ça a donné ça en gros :
« Vous allez où après ?
- On n’a pas encore vraiment décidés, il faut qu’on voit ça.
- Vous n’avez pas envie d’aller en Amazonie ?
- Ben si mais c’est trop loin, on doit être de retour à Caracas samedi dans la journée.
- Mais c’est seulement à quelques heures de route d’ici !
- Hein ??? »
Et oui, on avait mal regardé le LP depuis le début, et on était persuadés que la partie en Amazonie était du coté d’Angel Falls et donc bien loin de San Fernado de Apure. Et en fait pas du tout ! Du coup, direction les Amazonas !

On veut prendre un bus vers Puerto Ayacucho, mais au final, on se retrouve dans un premier bus qui nous emmène vers le bac de l’Orinoco. Là, on attend un peu, on passe le bac avec les passagers à pied, et on monte dans le bus direction Puerto Ayacucho. Heureusement qu’il fait nuit, la vitesse de ce bus est impressionnante… Quelques temps plus tard, nous voilà en ville. On veut payer le chauffeur en descendant, mais il ne veut pas nous comprendre et nous indique les taxis ! Pourtant on a été super clairs, mais bon. Un taxi plus tard, nous voilà à Ayacucho, à l’hôtel. Soirée loose ensuite, impossible de trouver un restau, on se retrouve à manger des biscuits dans la chambre ! Heureusement que le mec à l’accueil a été compréhensif et nous a montés des bières fraîches, sinon, ça aurait vraiment été la loose !

 

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Infos pratiques :
Bateau Crasqui/Gran Roque, 50bsf
Bus Caracas/San Fernando de Apure, 75bsf pp
Bus vers la Macanilla, 16bsf pp
La Chuaracha del Capanapare (1 nuit, bateau, chevaux, crocos, repas), 1150bsf
Bus vers Puerto Paez, 25bsf pp
Hotel Cosmopolita, 240bsf

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