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16 juin 2009 2 16 /06 /juin /2009 05:19

Lundi 27 à Jeudi 30 Avril - Au gré des flots au milieu de RajaAmpat

Après ce sous-titre, vous allez vous dire « bouh; la feignasse ! même pas foutue de prendre le temps d’écrire correctement ! » et vous n’aurez pas tort… je manque de temps, ça c’est sûr. Mais d’un autre côté, si je devais relater cette partie de mon voyage au jour le jour comme je l’ai fait pour les précédents, vous risqueriez de vous ennuyer (non, je ne cherche pas d’excuse, ou alors juste un peu). Donc voici une journée type sur notre bateau !


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Réveil avec le soleil, pour certains plus que d’autres vu que Lucas et moi squattons les transats sur le pont du bateau pour passer la nuit. Le ciel la nuit est tellement beau avec toutes ces étoiles que je m’en voudrais de ne pas en profiter ! Ensuite, à peine le temps de descendre au niveau central que le petit-déjeuner est servi : café et pancake, miam. La journée commence par une plongée pour tout le monde, soit en mode duo, soit en trio. Quand Cédric et moi plongeons en duo, à part pour la première plongée où je me suis un peu emmêlée les pinceaux avec mon profondimètre, tout s’est à chaque fois très bien passé. Avec à notre disposition le minuteur du divemaster et un profondimètre pour deux (celui de Ced était cassé…) c’était pas gagné mais on s’en est bien sortis !


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Niveau plongées, je dois dire que les fonds marins sont très beaux, et qu’il y a vraiment beaucoup d’espèces différentes, avec du beau corail, mais j’ai été très déçue par la visibilité… Beaucoup trop de particules en suspension ce qui a réduit notre champ de vision à 10 mètres lors des meilleures plongées. Un peu dommage, surtout quand on voyait le temps qu’il faisait. Avec une visibilité de 30 mètres, ça doit envoyer du lourd ! Sinon, on a fait de tout : plongées sur le sable, longeant des murs de coraux, autour d’îlot, en rivière… À noter pour celle en rivière : on n’a pas vu grand-chose mais niveau sensation, c’est énorme ! Un courant puissant qui t’entraîne sans que tu puisses le combattre, et tu n’as même pas besoin de palmer que tu te retrouves à regarder défiler le décor autour de toi à vitesse grand V. Au moment de sortir de l’eau d’ailleurs ça fait bizarre parce qu’on était sortis de la mangrove et du coup, tu ne reconnais absolument pas les alentours.


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Après, le reste des journées se déroulaient en snorkelling, en kayakage à la découverte du coin grâce aux deux kayaks à disposition, en glandage, en pêche, en abordage de plages immaculées… La vies est belle sur le bateau, on a un équipage bien sympa, avec un divemaster qui gère pas trop mal, un cuistot excellent (excellents beignets de bananes, même quand il n’y a pas de banane à l’intérieur, et ne parlons pas des poissons frais en pagaille…), un mousse en mousse narcissique qui nous fait marrer (et nous lave bien gentiment nos chaussures de rando immondes après la semaine précédente à crapahuter dans la boue), et puis les autres membres de l’équipage dont on n’est pas sûr de leur rôle exact…


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Et le soir ? Apéro sous les étoiles en compagnie du Ricard ramené par Lucas, pas de glaçons ni d’eau fraîche, mais ça fait quand même plaisir. Un petit manque sur ce bateau : la musique… mais on survit, et plutôt bien !

 

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On rejoint Sorong dans la nuit du jeudi au vendredi. Ensuite, c’est parti pour une journée dans les aéroports pour des vols Sorong-Manado, puis Manado-Jakarta et enfin Jakarta-Balikpapan, le tout avec 3 compagnies différentes, on est joueurs ! Et encore merci à Thomas d’avoir joué les agences de voyage à distance et de nous avoir dégotté ces vols pour rentrer à Balikpapan ! On a ainsi pu profiter du vendredi et samedi soir mythiques de la ville…


Après ça, Lucas et François s’envolent le dimanche vers Lombok, pour partir à l’assaut du volcan Rinjani (qu’ils devront abandonner pour cause d’activités volcaniques interdisant l’ascension) tandis que Cédric part vers Bali. Quant `moi ? Les vacances ne sont pas non plus terminées, mais ça attendra un prochain article…

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3 juin 2009 3 03 /06 /juin /2009 08:50

Vendredi 24 Avril – Bye-bye la vallée, retour à la « grande ville »

Dernière journée sur Wamena, pas de trek en vue, mais une ballade dans la ville, histoire de chercher des boutiques avec des objets traditionnels. On se prend la tête avec les vendeurs comme d’habitude, on tourne en rond en ville, on se fait une cession internet (presqu’aussi rapide qu’au bureau !) et ensuite, vite, vite, il est temps de rentrer à l’hôtel, récupérer nos sacs et courir vers l’aéroport. Courir ? Bien sûr que non ! On a hélé des becaks qui passaient par là et hop, en moins de deux on était devant l’aéroport. Ne reste plus qu’à faire le check-in et on est bons.


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On s’est un peu vite avancés là… Déjà, on rentre dans le bâtiment et nous dirigeons vers le comptoir de check-in. Personne ne fait attention à nous, on croirait presqu’être invisible. En plus, l’écran de contrôle n’indique pas notre vol. Finalement, un gars nous dit de prendre patience, et que dès que l’avion qui est en ce moment sur la piste décolle, on pourra s’enregistrer. Pour ne pas nous retrouver en retard à ce moment, on s’installe pile devant le comptoir et on attend. À un moment, un signal doit être donné que nous ne voyons pas, mais une foule de gens se pressent au guichet et c’est branle-bas de combat, tout le monde joue des coudes pour se faire enregistrer sur le vol suivant. On comprend très vite que si on n’arrive pas à se faire enregistrer, on va se faire avoir et nous retrouver dans le vol suivant, ou pire, le lendemain.

Et ça c’est hors de question ! Heureusement, Cédric est là, et après avoir lutté pendant 30 minutes, il finit par filouter l’agent et pose ni vu ni connu nos billets sur le dessus de la pile (alors qu’auparavant, ce même employé avait enlevé nos billets de cette pile pour les mettre de coté en faisant passer tous les autres gens devant nous), et on obtient les 4 dernières places de l’avion, ouf ! On tente ensuite de déjeuner à l’extérieur, mais vu le temps qu’ils mettent à nous apporter nos jus de fruits (40minutes), on oublie le repas et partons dans la salle d’embarquement pour manger sur place.

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Ne reste ensuite plus qu’à attendre patiemment. Et là, je me rends compte d’une erreur énorme que j’ai faite. J’ai oublié les saucissons. En plus du Ricard, Lucas avait aussi ramené 3 saucissons qui me faisaient rêver rien que d’y penser. Et je les ai oubliés. En haut de l’armoire de la chambre. Je les avais mis là pour ne pas qu’ils se fassent attaquer par une armée de fournis (non, je ne cherche pas d’excuse, je ne fais qu’établir les faits). Je regarde l’heure, un aller/retour en becak est tendu, en courant c’est pareil. D’abord, appeler l’hôtel, il ne sert à rien que j’y aille si les saucissons n’y sont pas. Ils vont checker. Et là, c’est le drame. Il n’y a plus rien dans la chambre ! Comment ont-ils osé jeter ces délices ? Je m’en veux… et je m’en veux toujours aujourd’hui…

Bref, on finit par décoller, direction Jayapura. Vol plutôt chaotique, l`tu comprends pourquoi on te dit d’attacher ta ceinture quand il y a des turbulences. On est bien ballottés dans tous les sens. Mais on arrive à l’aéroport, le temps de trouver un taxi et hop, direction la ville. Pas si hop que ça finalement, Jayapura est situé à une grosse heure de route de son aéroport. Sur place, l’heure est encore une fois aux tracasseries administratives : obtenir de nouveaux billets d’avion étant donné que le vol qu’on doit prendre le lendemain est annulé, puis enregistrement au poste de police.


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Ensuite, on a enfin le droit de prendre une douche chaude à l’hôtel et de boire une bière bien fraîche, et ça fait plaisir ! Le soir, dîner dans un restau traditionnel, et découverte d’un club du coin… à l’extérieur de la ville, perdu dans un coin paumé, heureusement qu’on a dit au gars nous servant de chauffeur de nous attendre, sinon on était mal barrés !

Samedi 25 Avril – Interlude à Manokwari

Pas le temps pour une grasse matinée, il faut qu’on aille à l’aéroport prendre notre vol sur la compagnie ExpressAir dont on n’avait jamais entendu parler, mais que nous ont réservé les gens de Merpati après l’annulation de notre vol à la dernière minute. Donc on se prend encore 1h de route dans la vue, puis de l’attente à l’aéroport, puis on décolle. Ben finalement, c’est pas mal ExpressAir. On survole l’île de Biak, lieu qu’on voulait à la base visiter (mais comme on n’a pas trouvé de vol à nous convenir on s’est rabattu sur Manokwari), et on se dit que c’est bien dommage qu’on n’ait pas pu y aller. Je dis on mais c’est les mecs qui se disent ça, parce que moi je dors à poings fermés, ou plutôt à bouche ouverte.

Nous atterrissons donc à Manokwari, et sommes en fait les seuls à descendre de l’avion, celui-ci continuant sa route en mode « bus qui s’arrête partout » en direction de Sorong, puis Makassar, puis Jakarta je crois bien. Et comme d’hab, il faut trouver comment nous rendre en ville. Des gars se proposent pour nos emmener, pour un prix exhorbitant. Donc on refuse. Mais ils ne veulent pas baisser leurs prix. Alors on s’énerve, et on finit par partir à pieds, en se disant qu’on finira bien pas rencontrer un angkot sur la route. Sauf qu’il fait 50 degrés (j’exagère à peine, et avec nos sacs sur le dos, on dégoulinait au bout de 50 mètres). Après une centaine de mètres, un des arnaqueurs revient avec sa voiture et après lui avoir fait baisser son prix, on craque et montons avec lui. Bah en fait c’était bien plus loin qu’on ne l’avait pensé…

On arrive finalement à l’hotel qu’on avait choisi et nous voyons attribuer des chambres « deluxe ». Je vous laisse juges avec les photos suivantes :

Faut dire qu’on avait la clim !

Ensuite, Cédric fait fonctionner ses dons de négociateurs et on obtient la location de deux scooters après une lutte acharnée. Comme on ne veut pas d’ennui avec la police, Cédric et moi sommes au volant (au guidon ?), avec François et Lucas en passagers respectifs. On quitte la ville en suivant la côte, avec pour intention de nous enregistrer au poste de police, mais en fait on se trompe de route et on ne le trouve pas. Tant pis, on continue la route. On tombe sur une plage pleine d’indos en weekend, un peu trop bondée donc on ne s’arrête pas mais tentons de rejoindre une plage qu’on aperçoit au loin. Sauf que quelques minutes après il se met à pleuvoir, donc on fait demi-tour pour s’abriter et manger un morceau sur la première plage.

Au menu ? Du gado-gado, des légumes bouillis qui sont servis sous une couche de sauce à base de cacahuètes. C’est bon, mais après trois bouchées, tu n’en peux plus… on a aussi goûté la version dessert, avec des fruits cette fois et une sauce un peu épicée. On reprend ensuite nos montures et reprenons la route. Après une tentative ratée pour rejoindre la plage vue de loin (on tombe sur des rochers), on arrive au lieu voulu. Place à la trempette ! On profite de la plage, du temps qui se couvre mais n’est pour le moment pas trop menaçant. François se met en tête d’ouvrir une noix de coco et à force de persévérance, il arrive à ses fins à l’aide d’un caillou. Miam !

Retour vers la ville après ça, avec des arrêts obligatoires en chemin à cause de la pluie. On découvre à ce moment des habitants pas très engageants de l’île… Brrr !

Après, passage par le poste de police avec des flics qui ne veulent pas nous laisser tranquilles, à faire semblant de bosser pour nous faire juste perdre notre temps. Mais c’est les vacances, alors on reste zens… Retour à l’hôtel, dîner en ville (on découvre à cette occasion que Manokwari est également en zone sèche, snif), puis au dodo !

Dimanche 26 Avril – On quitte la terre ferme

Mankwari ne m’ayant pas enchanté la veille, et étant en manque de sommeil flagrant depuis une semaine, je prends l’option grasse matinée ce matin là. Cédric aussi se met en mode flemme, tandis que Lucas et François, toujours vaillants partent à la recherche d’un chemin de randonnée décrit dans le Lonely. Chemin qu’ils n’ont jamais trouvé. À leur retour à l’hôtel on plie bagage, montons sur des ojeks (moto-taxi) et en route pour l’aéroport !

Vol sans soucis, on survole encore et toujours des paysages magnifiques. Arrivée sur Sorong, la ville a l’air très organisée vue de haut, les rues sont presque toutes perpendiculaires les unes aux autres. À peine débarqués, on est pris en charge par l’équipage du bateau sur lequel on va passer les 5 prochains jours. Ça fait plaisir de n’avoir à s’occuper de rien ! On se retrouve sur le pont du bateau en fin d’après-midi, au large de la baie de Sorong, à papoter et profiter de n’avoir rien à faire.

 

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Dîner sur le pont, la soirée avance tranquillement quand d’un coup, on se dit que ça serait quand même bien de vérifier les équipements de plongée. C’est là qu’on se rend compte d’un quiproquo… ils n’ont pas prévu qu’on n’aurait pas nos propres équipements ! Après de longues réflexions de part et d’autre et une fouille du bateau de fond en comble, on met la main sur :
3 masques et 2 tubas
4 combis
5 BCD
5 paires de palmes
C’est juste ce qu’il nous faut pour nous débrouiller ! Il nous faut au moins 3 équipements complets pour que François et Lucas puissent plonger avec le divemaster (ils sont novices), et ensuite, selon le degré de difficulté des plongées et la capacité du divemaster à plonger plusieurs fois dans la journée, Cédric et moi pouvons plonger en duo.

 

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On peut dormir tranquille ! Surtout que le bateau va naviguer de nuit, donc demain matin, on sera au cœur de Raja Ampat…

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29 mai 2009 5 29 /05 /mai /2009 06:25

Mercredi 22 Avril – On grimpe au Sud

Allez, pas le temps de traîner au lit, il est l’heure de la douche (glacée… argh), du petit dej (miam ! un nasi goreng) puis de filer dare dare acheter nos billets d’avion de retour vers Jayapura pour la fin de semaine, il ne faudrait pas qu’on reste bloqués ici, on a un planning ultra serré jusqu’à la fin des vacances. Ça c’est fait, donc maintenant demi-tour et direction la gare de bemos de la veille, donc encore presqu’une heure de marche sous le soleil. En route, j’ai un doute. Ce terminal est au nord, alors que là on veut aller au sud… et après vérif dans le LonelyP, effectivement, il faut qu’on fasse marche arrière ! On repasse donc devant l’hôtel et l’agence de voyage (sic) et poursuivons notre route jusqu’au marché situé au sud. Le temps d’acheter quelques oranges et on saute dans un bemo en route vers le sud.


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La route ressemble au départ à ce qu’on a pu voir dans le nord, mais petit à petit, les montagnes environnant la vallée semblent plus hautes et austères. La végétation également diffère, quand tout d’un coup, changement radical. La route disparaît, la végétation aussi. On se retrouve au milieu d’un désert de roches. Pourquoi, comment ? C’est un mystère. Plusieurs ruisseaux qui traversent cette étendue se transforment peut-être en de véritables torrents sous l’effet des pluies, ou alors nous sommes dans une ancienne mine. En tout cas on traverse, ça remue bien dans le bemo, et à la traversée des ruisseaux dont je parle, je me dis qu’il n’a pas intérêt à ce qu’il pleuve pendant la journée, sinon, on risque de se retrouver bloqués de l’autre coté le soir venu.

On atteint le terminus des bemos qui sont en fait obligés de s’arrêter là puisque la route s’est effondrée un peu plus loin et est impraticable à des véhicules autres que des motos. On continuera donc à pied. On commence par longer la route, puis décidons de monter à l’assaut d’un des versants nous entourant. Pour cela, il faut d’abord qu’on traverse des plantations, sans trop savoir si on a le droit d’y aller ou pas. Personne n’ayant l’air de nous crier dessus, on continue à monter. On aperçoit un chemin plus haut sur la colline et on décide de nous y rendre. Problème : comment l’atteindre sans marcher sur les cultures ? Une femme nous fait comprendre par signes qu’on se dirige vers un cul-de-sac et nous indique comment traverser à un autre endroit. Mais on s’éloigne de notre but…


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Du coup, on contourne les plantations par le haut et débouchons sur un mur de végétaux. Mais rien ne nous arrête (surtout pas François), donc on se fraye un chemin au milieu de tout ça, non sans mal. Mais au bout d’un moment on est bien obligé de s’avouer vaincus, il n’est plus possible de passer. Qu’a cela ne tienne ! On fait un petit retour en arrière, traversons un ruisseau et ni vu ni connu, nous voilà sur le chemin espéré ! Et on monte, et on monte, encore et toujours. La vue sur la vallée en contrebas est de plus en plus belle. On est impressionnés par les cultures qui sont présentes sur des pans de montagne qui n’ont pourtant pas l’air accessibles, ou du moins sont accessibles, mais au prix de durs efforts.
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En route, on croise des oiseaux, des cochons sauvages, mais pas de Papous. Arrivés presqu’en haut (à force de dire « on va jusqu’à la colline qui suit, allez, encore un peu plus loin » je me disais qu’on n’en finirait jamais), je décide de me poser et de les laisser aller « juste derrière le sommet là ». À leur retour, il ne payait pas de mine… apparemment toujours magnifique là-haut, sauf qu’après tu atteins la foret dense et qu’il est impossible d’y pénétrer, mais surtout, ils ont découvert ce qui semblerait être un poste de garde, pour ne pas dire l’endroit idéal que choisirait un tireur qui voudrait surveiller le coin ! Donc on redescend sans demander notre reste, surtout que le ciel se fait menaçant et que je ne veux pas finir sous la pluie. Déjà à l’aller c’était bien glissant par moments, mais alors s’il pleut… Je ne veux toujours pas balancer, mais l’un de nous avec ses chaussures plates n’en menait pas large pour la descente…


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On atteint finalement le lieu de départ des bemos juste avant que la pluie ne tombe vraiment, avec une crainte : qu’il n’y ait plus de bemos à cette heure. Heureusement pour nous, il en reste trois, et après presque 1h d’attente, on est partis, avec 12 personnes à l’arrière, 3 devant et 2 qui n’ont que les pieds dans le bemo et se tiennent par les mains au toit ! On retraverse le désert de cailloux, avec un peu plus de difficultés au niveau des ruisseaux qui ont grossi, mais on arrive à bon port sans souci. Soirée tranquille sur Wamena, dîner de crevettes d’eau douce à l’hôtel et au lit.

Jeudi 23 avril – En suivant la rivière

De nouveau un réveil plutôt matinal, on a encore une journée de marche de prévue. Cette fois, on souhaite se rendre tout au nord de la vallée, et si possible nous rapprocher de villages encore plus traditionnels. Un gars nous avait proposé ses services de guide la veille mais on avait décliné, cette fois, on décide de lui donner sa chance et on le prend avec nous. Vous ne devinerez jamais son nom… Mickey Mouse ! Aucune idée de s’il s’agit d’un surnom ou pas, mais il n’avait pas l’air de rigoler.


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On part donc en sa compagnie vers le terminal des bemos du nord, en prenant un bemo histoire d’y arriver plus vite. Cette fois, on prend le temps d’acheter quelques oranges et bananes au marché jouxtant le terminal pour ne pas crever de faim à la fin de la journée (la veille on avait 3 clémentines chacun, elles nous ont bien fait plaisir !). Ensuite, il ne nous reste plus qu’à monter dans le bon bemo. Mais ce n’est pas si simple. Vue l’heure qu’il est, il n’y a plus de bemo qui partent là où on veut aller, du coup, il nous faut charteriser le véhicule entier. On décide d’abord de ne pas nous laisser faire et on attend d’autres voyageurs potentiels. Après 1h d’attente, on craque et finissons par céder à leur chantage. On monte donc dans le bemo, et après 1h de trajet sur une route toujours en parfait état, nous voilà à Manda.


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On quitte tout de suite la route goudronnée pour nous avancer sur une route de terre qui s’enfonce dans une vallée adjacente et longe une rivière. Le soleil tape fort, très fort. On avance plutôt bien le long du chemin, mais on a peur à chaque instant de perdre Mickey qui semble prêt à défaillir sous la chaleur. On se demande bien pourquoi on l’a pris avec nous, puisque finalement, le chemin est tout droit, pas moyen de se tromper, et en plus on ne croise personne sur la route dans les villages à part les enfants. À qui on apprend à siffler grâce á une brindille d’herbe coincée entre les pouces… Mais Mickey s’accroche, et ne se plaint pas.

 

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La vallée est très encaissée, de part et d’autre de la rivière les pans de montagne grimpent très abruptement, et nous rendent tous petits. On continue notre marche, traversant plusieurs villages toujours plus ou moins vides. Au bout d’un moment, se pose la question du retour : faire demi-tour et reprendre le même chemin ? trouver comment traverser la rivière et revenir par l’autre coté ? tenter un passage par le col en haut des montagnes ? Tout ceci en prenant en compte le fait que si on revient trop tard sur le bord de la route à Manda, on ne trouvera plus de bemo pour revenir a Wamena. Mais comme on est insouciants (qui a dit «cons»?), on décide de choisir l’option par la montagne et advienne que pourra. Mais Mickey n’est décidemment pas chaud pour nous mener par là… on rencontre une troupe d’enfants qui habitent par là et ceux-ci nous indiquent qu’on peut revenir par l’autre rive, sans avoir besoin de monter sur la montagne. Par défaut, on prend cette voie.


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Les enfants décident de nous servir de guide jusqu’à ce qu’on récupère l’endroit où attendre un bemo, et ça donne lieu à de grands fous rires quand ils nous voient glisser dans la boue et hésiter sur les troncs, branchages et autres cailloux qu’on doit emprunter. Eux ne s’inquiètent de rien et tracent leur chemin sans soucis. À un moment, ils font une pause et se mettent en tête de grimper aux arbres. En moins de temps qu’il n’en fait pour le dire, les voilà à une bonne dizaine de mètres de hauteur. Leur but ? Cueillir des markisas (sortes de fruits de la passion), pour notre plus grand plaisir. On déguste ensuite les fruits délicieux le long de la route.

Mickey stresse encore et toujours qu’on ne revienne pas à temps, alors on presse le pas sur la dernière partie qui traverse des plantations qui encore une fois m’impressionnent par leur étendue. On atteint finalement un pont qui nous ramène sur la portion de route de terre qu’on avait prise à l’aller, et il ne nous reste plus qu’à attendre un bémo. Pour passer le temps, on s’amuse avec les gosses qui sont toujours avec nous, ils nous apprennent un jeu : trouver des branches (type bambou) de taille variable (au moins 1m), placer a une extrémité une boule de terre (judicieusement choisie aux endroits où la terre est à majorité argileuse), lâcher la branche dans la rivière depuis le milieu d’un pont. Et là ? Le bâton ne coule pas ! Il s’enfonce à la verticale jusqu’à trouver un équilibre et suit ensuite le courant. Une variante ensuite consiste à faire couler la branche à l’aide d’un lance-pierres… ils sont d’ailleurs très doués !

 

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Ensuite, retour à Wamena dans un bemo plutôt bondé, il reste encore un peu de place, mais juste le fait de voir autant de bules à l’intérieur bloque psychologiquement les gens qui voudraient monter sur la route. Puis soirée tranquille à l’hôtel (il pleut des cordes).

 

chap2-2

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22 mai 2009 5 22 /05 /mai /2009 03:19

Je vais commencer ce récit à partir de l’aéroport de Jakarta, lorsque notre fine équipée s’est retrouvée au complet, prête à s’envoler vers la Papouasie (rien que le nom fait rêver). Attention, je parle bien de Papouasie et non de Papouasie-Nouvelle-Guinée ! On reste donc en Indonésie.

Cédric (arrivé la veille) et moi arrivons donc à l’aéroport où nous attendent Lucas et François, fraîchement débarqués de leur vol international. Comme on a le temps et qu’il nous manque les billets du vol retour vers Balikpapan, on s’arrête au comptoir LionAir histoire de booker ces vols. Zut, le vol qu’on voulait réserver est annulé et du coup, il va peut-être être difficile de rentrer sur Balikpapan le vendredi soir comme on l’avait prévu. Le gars au comptoir cherche autre chose pour nous, quand d’un coup, j’entends « les passagers du vol LionAir en direction de Sorong sont priés d’embarquer ». Comment ça embarquer ? Faudrait d’abord qu’ils appellent pour le check-in, non ? Je demande innocemment au gars derrière son comptoir s’il s’agit bien de notre vol, et oui c’est le cas. Et les gens sont bien en train de monter dans l’avion. Euh… c’est possible de s’enregistrer là tout de suite maintenant ? Branle-bas de combat ! Après tout plein de sourires et d’airs désespérés, on obtient qu’ils nous enregistrent nous et nos bagages (les aura-t-on à l’arrivée à Jayapura après une correspondance à Makassar ??), ensuite, on file tout droit à l’avion (pas de file d’attente, on trace tout avec les gars de LionAir) et on embarque à peine en retard, il y a encore une petite dizaine de gens qui ne sont pas encore montés dans l’appareil. Ouf ! C’était moins une ! Et vive l’Indonésie et les Indonésiens trop sympas !

Lundi 20 Avril – Tracasseries administratives

Après deux vols et une nuit plus ou moins courte selon l’habileté de chacun à s’endormir en avion (autant dire que j’ai gagné haut la main le titre de marmotte en chef), on atterrit à Jayapura, non loin de la mer, d’un lac magnifique et de montagnes entre lesquelles passe notre avion. Nous y voilà !

Notre mission à peine débarqués : nous rendre au poste de police pour nous faire délivrer un papier nous autorisant à nous balader sur les terres papoues. Après nous être fait bien arnaquer par un chauffeur de bemo géant, puis avoir poireauter chez les flics un bon moment, on obtient ledit papier (et je suis proclamée chef de l’expédition !), on retourne à l’aéroport et prenons des billets pour nous rendre à Wamena dans l’après-midi. Il nous reste du temps pour qu’on s’occupe aussi de notre vol retour vers Balikpapan, puisqu’on n’a pas pu les prendre au départ de Jakarta… Un grand merci à Thomas qui nous a servi d’agence de voyage à distance et qui nous a dégotés un combo LionAir-Batavia-Garuda reliant Sorong-Makassar-Jakarta-Balikpapan pour qu’on puisse revenir sur Kalimantan en une seule journée.

Mais il est temps de laisser Jayapura et de nous envoler pour Wamena, le cœur de la Baliem Valley. On survole des forêts bien denses, des fleuves boueux, des montagnes écorchées… ça laisse rêveur. À peine débarqués, bien entendu on se fait harponner par des mecs, qui, comme par enchantement, s’avèrent être des guides lorsqu’on fouille un peu… ils ne nous lâchent pas la grappe, mais on finit par s’en défaire. Installation à l’hôtel puis direction le poste de police (et oui, encore !), il faut qu’on enregistre notre présence dans la ville. L’idée du séjour dans cette vallée, c’était de se dégoter un guide pour faire un trek de 4 jours dans les montagnes, afin de nous rendre au plus proche des villages traditionnels du coin en passant la nuit chez l’habitant. Quand on soumet cette idée aux policiers, ils nous expliquent que ça ne va pas être possible… il faut dire qu’en ce moment les alentours de Wamena sont le théâtre d’évènements terroristes pour cause d’élections et de volonté indépendantistes de quelques personnes. Il ne fait pas donc bon se balader partout, plusieurs personnes sont décédées dans les semaines précédentes. On part donc pour un programme de treks sur une journée, avec retour sur Wamena tous les soirs, tout en promettant aux flics qu’on repassera leur donner nos itinéraires pour être sûrs qu’il n’y ait pas de danger dans les zones choisies. Vous croyez qu’on y a remis les pieds dans ce poste ? Ben non… On est un peu insouciants dirons nous…

Fin de la journée avec un footing sous la pluie (histoire de ne pas être trop trempés), un dîner à l’hôtel, sans bière… et oui, Wamena est en zone « sèche » donc l’alcool y est interdit ! On a même du laisser à Jayapura le Ricard qu’avait ramené Lucas. Ne poussez pas de hauts cris, on le récupérera à notre retour là-bas. On décide ensuite en gros du programme du lendemain et il est temps de filer au lit. Ah non, avant il faut prendre une douche… et là ça se corse ! On a demandé les chambres les moins chères, donc sans clim (mais pas besoin vu qu’on est en zone montagneuse) et sans eau chaude. Et là par contre, c’est rude ! Il faut prendre son courage à deux mains pour se balancer la flotte dessus, l’eau ne se réchauffe pas vu qu’il ne fait pas assez chaud dans cette région. Mais j’y arrive, et après, dodo bien emmitouflée sous la couette !

Mardi 21 Avril – Rando au Nord

Heureusement qu’on avait vu large sur l’heure de réveil, parce qu’on n’est pas bien rapides tôt le matin… mais une fois notre mie/nasi (barrer la mention inutile) avalé, on file en direction du terminal des angkots. Je dis bien en direction, parce qu’en fait on ne sait pas exactement où il se situe ! On a à peine fait 100 mètres, que déjà on se retartine de crème solaire et on achète de l’eau. On va avoir bien chaud… À force de persévérance et de demande d’indications, on finit par tomber sur un carrefour où attendent plusieurs bémos, et par chance, l’un d’entre eux par vers le nord dans les 5 minutes qui suivent.

 

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On se retrouve très vite entourés de cultures et de verdure, avec au loin les montagnes qui bordent la vallée de toutes parts. Mais alors qu’on est vraiment loin de tout, la route est dans un très bon état, et ça, ça m’épate ! Bref, on avait demandé au chauffeur de nous arrêter au village de Aikimu, ce qu’il fait, Heureusement d’ailleurs qu’on l’avait prévenu, parce qu’on ne se serait jamais rendu compte tout seuls qu’on avait atteint un village ! Il est en fait situé plus loin en contrebas de la route. Et hop ! on est partis pour une ballade de village en village.

 

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Après seulement quelques centaines de mètres en direction du village, on se retrouve entourés pas une vingtaine d’enfants qui reviennent de l’école et rentrent chez eux (si je me rappelle bien, il devait être tout juste plus de midi, bande de petits veinards). Quelques adultes les accompagnent, et l’un d’entre eux nous demande si on veut voir une momie. Ben… oui !! Ça fait partie des choses qu’on s’est promises de voir dans cette vallée. On fait quelques centaines de mètres et nous retrouvons devant un mini-village (ou une école et quelques autres huttes ? je n’ai pas tout saisi). Ensuite, plusieurs enfants pénètrent dans une hutte et en ressortent ensuite avec plus ou moins de facilité mais surtout une chaise en bois sur laquelle se trouve une momie en position assise. Ou plutôt recroquevillée sur elle-même. La chair est devenue noire mais on peut toujours voir les détails du corps (dents, cheveux…). C’est bluffant.

 

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On n’en revient pas d’être tombés sur cette momie sans même l’avoir cherchée, dès le premier jour de balade en Baliem, on pensait devoir lutter pour en dénicher une. On repart ensuite, et comme le groupe d’enfants se dirige en direction des villages qui sont sur notre feuille de route, on les suit. On traverse de grands espaces cultivés, sous le soleil, avec toujours cette ribambelle de petits papous qui courent partout. À un moment pourtant nos chemins diffèrent et nous les laissons donc rejoindre leur domicile, tandis que deux des adultes se proposent de nous montrer la route jusqu’aux villages voisins. Pourquoi pas ? Nous voilà donc accompagnés de Sylvanus, un Papou bien sympathique de 30-40 ans, ainsi que d’un de ses amis (parents ?) qui lui a un âge bien avancé (et plus beaucoup de dents). Les deux se baladent pieds nus mais sont fringants et sûrs d’eux en toute situation.

 

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Ils nous mènent donc de village en village, et nous font admirer leur album photo que leur ont offert des touristes allemands venus quelques années plus tôt passer un séjour lors des festivals d’août, on a été super diplomates, on ne leur a pas dit qu’on s’en fichait royalement de leur album. Par contre, ça nous a montré que lors des festivals d’août, ça a l’air beaucoup plus facile de se mêler à la population autochtone… mais bon, on ne choisit pas toujours de son emploi du temps.

Bref. On repart en direction d’un autre village qu’on aperçoit au loin, avec à notre droite, une colline/falaise (ce mot double n’existe pas mais vous voyez ce que je veux dire ?) qui nous donne bien envie d’y grimper. Mais pour cela, il faut trouver un passage… heureusement, on a nos deux guides improvisés ! Ils nous dégottent de suite un chemin qui grimpe à l’assaut de cette falaise. Arrivés presqu’en haut, ils nous recommandent de ne plus faire aucun bruit, vu que si on se fait prendre par les gens qui habitent dans le coin, ils risquent de ne pas être contents de croiser des bules sur leurs terres… glups. Donc silence radio. En haut, c’est un panorama magnifique sur tous les environs qu’on découvre.

 

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On en profite pour faire une pause, mais des nuages menaçants approchant, on préfère écourter ce moment de détente et penser à la descente. Et c’est là que ça devient marrant… parce qu’effectivement, il se met à pluvioter, ce qui rend les roches sur lesquelles on passe très glissantes. Donc on met un certain temps à retrouver le bas de la colline, mais on y arrive. Ensuite, on retrouve nos chemins de terre habituels, toujours au milieu de plantations diverses, dont celles de koteka. Ce fruit, une fois vidé et séché, sert de vêtement strictement minimal à la population masculine papoue vivant selon les vieilles traditions… Ça ne vous dit rien ? Une photo vaut mieux qu’un long discours.

 

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Ensuite, on retrouve la route prise à l’aller plus vers le nord. J’oubliais ! Sur le chemin, à un moment il a fallu qu’on traverse une rivière sur un pont plutôt artisanal dirais-je. Certains auront eu plus de mal que d’autres à traverser… (non, je ne balance pas !)

Retour donc sur la route, au lieu d’attendre le bemo de retour bêtement sur le bas-côté, on la suit un moment en remontant vers le nord, jusqu’à ce que la pluie devienne réellement gênante. Ensuite, retour de nuit avec le bémo, direction : manger !!!! On n’a rien avalé depuis le petit-dej et nos ventres crient famine !

On avait demandé la veille au gérant de l’hôtel s’il ne connaissait pas quelqu’un qui pourrait nous servir de guide sur plusieurs jours d’affilée (on n’a pas mis notre idée de trek prolongé à la poubelle), et du coup le soir, un papou nous attend pour nous proposer son package. Je ne vais pas m’étendre sur ce moment, parce que rien que d’y penser, je me sens bouillir d’énervement… ce @# ?!* de mec nous proposait un trek de 2.5 jours pour la rondelette somme de 10 millions de roupies !! Ce qui représente tout de même 700 euros. Et quand on connaît le prix de la vie en Indonésie (même si c’est plus cher en Irian Jaya), ça énerve un chouilla. Surtout qu’il n’a rien voulu négocier. Du coup, on l’a viré fissa et on a décidé de nous débrouiller tous seuls pour la suite du trip.

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